Certains oiseaux deviennent furieux si on dérange le lieu de leur nid. Hiboux et sternes, par exemple, ne montreront aucune frayeur et n’hésiteront pas à attaquer l’intrus. D’autres oiseaux ont élaboré des systèmes plus inhabituels pour préserver leur nid des regards. Les glaréoles construisent leur nid sur le sol dans des régions d’Asie, d’Afrique, d’Australie et d’Europe du Sud. S’il vous arrivait de découvrir un site de nids de glaréoles, elles se figeraient sur leurs nids dans l’espoir de passer inaperçues. Mais si vous ne montrez aucun signe de départ, elles commenceront leur manoeuvre de feinte. Un groupe d’environ vingt oiseaux s’aplatira au sol en voletant faiblement avec des ailes traînantes, en poussant de petits cris plaintifs. Elles ont l’air d’être mortellement blessées. Ce spectacle est très convaincant et l’intrus en général suit l’oiseau, qui a l’air d’une proie facile, mais qui l’emmène avec un art consommé loin des oeufs et des oisillons.
Vous avez peut être remarqué un point rouge, ou même quelquefois un point noir près de l’extrémité du bec d’une mouette ou d’un goéland ? Quand le parent oiseau arrive au nid, cette tache est perçue par l’oisillon nouvellement éclos, et, instinctivement, il y donne des coups de bec. Cette action stimule le parent à régurgiter une partie de la nourriture qu’il garde dans son jabot, que, bien sûr, l’oisillon avale tout de suite. Cette forme de communication entre oisillon et parent a été étudiée à fond chez le goéland argenté. Une série de maquettes en carton représentant la tête de l’adulte a été présentée à l’oisillon pour éprouver ses réactions de picotements. On s’aperçut que l’oisillon donnait des coups de bec à pratiquement n’importe quelle forme, pourvu qu’elle ait une tache rouge. Il semble vraiment que ce point rouge soit d’une importance capitale dans ce curieux acte de mendicité chez ces oiseaux.
Ces oiseaux aussi sont en train de présenter un spectacle, mais pour une raison différente. Alors que la plupart des oiseaux s’accouplent au printemps, construisent un nid et élèvent une famille, les combattants mâles et femelles ne se retrouvent que pour un temps très limité. Le mâle développe un plumage très élaboré autour de la tête et du cou, et se pavane dans un site spécial de terrain plat, qu’on nomme un « lek ». Chacun y défend son territoire et toutes ces démonstrations ont pour but d’attirer les femelles sur le « lek ». Après qu’elles aient choisi un mâle, ils s’accouplent puis elles s’en vont construire leur nid et pondre leurs oeufs.