Un des trois types de criquets qui forment des essaims en Afrique est connu sous le nom populaire de « criquet migrateur ». Tel une sauterelle il vit d’abord ce que l’on appelle sa phase solitaire. Ensuite, on ne sait pas très bien pourquoi : tous ces criquets solitaires, venant de régions les plus lointaines se rassemblent. Les raisons sont elles climatiques, nutritives ou est ce pour préserver la survie de l’animal, on ne le sait toujours pas. Mais leur couleur, de verte devient rousse ou noire, et ils pondent un nombre incalculable d’oeufs, plusieurs fois au cours d’une période très brève. Les jeunes se groupent, forment des armées, et en essaims de plusieurs milliards d’unités, ravagent des régions entières de tout feuillage ou toute récolte.
Les insectes que vous voyez sur ces pages sont des mantes, une phasme et une phyllie. Tous se nourrissent de végétaux et vous pouvez vous apercevoir que leur aspect se confond avec leur milieu. Les mantes sont d’habitude, soit vertes soit marron pour s’assortir à la couleur du feuillage ou des brindilles. Souvent la forme du corps parachève le déguisement. Certaines mantes sont longues et fines comme des brindilles, d’autres ont une apparence rugueuse afin de ressembler à l’écorce d’un arbre. Comme elles peuvent rester immobiles pendant des heures, les mantes sont très difficiles à détecter. Un des stades d’une espèce asiatique, la Mante fleur, est encore plus étonnante dans sa faculté de se cacher, ressemblant à s’y
méprendre à la fleur rose sur laquelle elle vit. Sa couleur est identique et les extensions aplaties accrochées à ses pattes, les élytres, donnent l’impression de pétales. Cette mante a le double avantage d’attirer des insectes tels les papillons, de les attraper et en même temps, d’être parfaitement dissimulée des regards de ses ennemis. C’est ainsi que d’autres mantes tout aussi bien camouflées peuvent saisir au vol des insectes sans défiance, sans avoir à bouger d’un centimètre pour les chasser.
Le camouflage des phasmes et des phyllies ne leur sert qu’à lea’ cacher de leurs ennemis car ils ne mangent que des plantes. Leur habileté à se cacher est toute aussi parfaite que celle des mantes. Le bâton du diable a un corps allongé et des pattes fuselées, il revêt une forme qui lui fait ressembler à la brindille sur laquelle il se pose et, s’il ne bouge pas, il est très difficile de croire que c’est vraiment un insecte. Son parent, la phyllie, ressemble d’une façon incroyable à une feuille, allant jusqu’à imiter de ses ailes côtelées les veines de la feuille. Certaines vont encore plus loin dans l’art du camouflage, elles possèdent des taches afin d’imiter les moisissures d’un champignon ou la fiente d’un oiseau.