Accueil du site / Standard de chien Briard

 Standard de chien Briard

De semblables commentaires ont été publiés précédemment par Legendre et Brégi et on peut les consulter avec profit. Toutefois, il est indispensable de spécifier que du fait que la longueur du corps du Briard est légèrement supérieure à sa hauteur au garrot, le standard énonce à tort que c’est un "longiligne". Cette définition est non seulement une "hérésie" zootechnique, mais une erreur risquant de mettre en danger l’intégrité de la race en interprétant ainsi le type de ce chien. C’est un "médioligne" selon la définition de Baron. C’est une sérieuse mise en garde qui s’imposait en premier lieu dans ces commentaires.

Voici d’ailleurs les commentaires que vient de mettre à jour J. Brégi, un de nos plus anciens et réputés connaisseurs et juges qualifiés de la race des bergers de Brie, et qui, pendant de longues années, fut un membre très actif du comité de l’ancien Club Français du Chien de Berger dans lequel il représentait, à l’époque, "Les Amis du Briard".

De formes et de structures identiques, le Briard ne diffère du Beauceron que par les phanères constituant en particulier leur pelage, et ceci tant par leur texture que par leur robe. Il s’agit du même animal quant au squelette, aux angulations de l’arrière et de l’avant main, au crâne et au fouet.

L’un et l’autre se situent dans la grande famille des Lupoïdes, comme les représentants des deux variétés d’un même chien de berger français, le "poil long" et le "poil court". Le Picard serait la Y variété de la série, à poil "mi long".

La F.C.I. ne reconnaît dans les points essentiels, qu’un standard commun aux 4 variétés de bergers belges (malinois à poil court et fauve, lkenois à poil dur et fauve, tervueren à poil long et fauve, et groenendael à poil long et noir).

Dans un autre type encore, le berger allemand reconnaît 3 variétés dans le même standard (poil court, long ou dur).

Or, dans le standard du Briard, repris dans sa rédaction vers 1970 et tel qu’il se présente dans les "critères" de jugements de 1978, et maintenant ceux d’août 1980, est introduite dès le 2 paragraphe à la rubrique "taille" une divergence de fond : le Briard serait un "longiligne", alors que le Beauceron et le Picard se reconnaissent expressément comme "médiolignes". Mais, par ailleurs, dans les descriptions des "régions", tout confirme que le Briard est un médioligne comme ses cousins. A commencer par la tête : pénalisée si elle est trop courte ou trop longue, si chanfrein et crâne sont en dysharmonie, confirmant une position médiane de la cassure du nez placée à égale distance du sommet de la tête et du bout du nez.

On retrouve dans d’autres rubriques cette notion "ni trop ni pas assez", notamment pour les côtes ni trop plates ni trop rondes, l’encolure ni trop longue, ni trop courte.

Bref, toute cette recherche d’un juste milieu est celle du médioligne, type auquel les autres races de bergers français et belges se sont toujours ralliées.

Si l’on est cependant en droit d’affirmer que la longueur du corps peut et non "doit" dépasser la hauteur au garrot vrai, encore faudrait il spécifier de combien. Les fourchettes admises sur ce sujet pour les Beaucerons, suivant le sexe, semblent rationnelles et une marge supplémentaire avant disqualification pourrait être la même que celle admise pour la taille, et fort judicieusement. Ces rapports ont été traditionnellement et patiemment établis grâce à l’expérience acquise, jusqu’à des jours récents, par les utilisateurs gardiens de troupeaux, en fonction de la destination utilitaire et non par caprice.

Comme le Beauceron, le Briard est donc un médioligne trotteur, et cela n’a jamais été une mauvaise note, surtout chez un mâle, de s’inscrire dans un carré. Inversement, il est insuffisant de pénaliser un Briard en lui refusant l’excellent, seulement parce qu’il est taillé en "cob" (côtes cerclées, encolure épaisse, muscles à intensité de contractions).

Une remarque à propos de "hauteur" : elle est la distance au soi suivant la verticale partant du garrot, angle supéro antérieur de l’omoplate, c’est à dire, suivant les races, passant ou ne passant pas par la pointe du coude.

Chez certains brévilignes, cette verticale peut tomber en avant de l’axe radial. Chez des longilignes, comme le greyhound, la ligne d’aplomb au garrot est tangente à l’olécrane, ou même un peu en arrière car ces chiens de vitesse au galop ont une épaule très longue, à grande amplitude de rotation du fait que la musculature gagne en amplitude de contractions. Une épaule très longue est toujours très inclinée vers l’arrière en s’accompagnant d’un redressement du bras (Dr Hérout, Extérieur du chien, p. 34) ; une épaule oblique fermant l’angle scapulo huméral, un bras redressé ouvrant l’angle huméroradial, telles sont les conditions de la vitesse au galop. Le point de repère supérieur recule, alors que la pointe du coude avance.

Au contraire, on constate sur le Briard que l’aplomb au garrot, sommet antéro supérieur du scapulum, est sensiblement médian à l’axe de l’avant bras. Chez lui, une observation à l’aplomb du coude donne une hauteur inférieure d’environ 2 cm à celle prise depuis le garrot, ce qui allonge d’autant une éventuelle disproportion entre taille et longueur de corps. Même remarque pour le Beauceron : ce sont tous deux des médiolignes ainsi confirmés.

Ce simple essai de jaugeage de la taille au garrot, en veillant à la verticalité correcte de la réglette, permet à coup sûr d’estimer, suivant la ligne de passage en avant, au milieu ou en arrière de l’avant bras (pointe du coude) si le chien de berger est bien ou mal construit pour le grand trot de l’allure "bergère", ou s’il a l’épaule trop droite et l’angle scapulo huméral trop ouvert.

Quelques chiffres à titre de repère : 

Enfin, l’angle scapulo huméral total serait un peu plus faible chez le berger allemand, et un peu plus fort chez le berger belge, d’où au repos une nette différence de présentation, perceptible au regard.

Enfin, chez les médiolignes, selon le Dr Hérout, le rapport des longueurs anatomiques du scapulum et du bras est de l’ordre de 7 à 8. Ce rapport s’inverse aux environs de 8 à 7 pour les longilignes.

Un mot sur l’allure bergère - que peu de rings d’exposition "beauté" permettent de réellement juger par suite d’exiguïté - si bien définie par G. Barais : "Le dos reste parfaitement rigide en action. Le bon placement de l’épaule permet au bras de s’étendre dans le prolongement de l’omoplate et de prendre beaucoup de terrain. A un stade du trot, aucun appui au soi, cependant par la détente du dernier appui, l’avance continue. L’allure est rasante, pas de mouvements inutiles, fatigue réduite au minimum, harmonie dans le mouvement". L’étude particulière de chacune des régions somatiques extérieures du berger de Brie nous conduit aux observations qui suivent.

TÊTE

En ce qui concerne la tête, le Briard a une tête bien caractérisée de lupoïde sans que le crâne ait une courbure exagérée, qui ferait alors apparenter ce chien aux dogues. Legendre et Brégi écrivent : "Que ce soit de profil, d’en haut, ou de face, la silhouette de la tête est composée de deux rectangles, l’un plus important que l’autre pour le crâne, l’autre figurant le museau. La largeur de la tête est d’environ les 2/5 de la hauteur au garrot. Le chanfrein est rectiligne et forme une ligne parallèle à l’axe du crâne. Le stop qui sépare les deux régions est bien marqué, quoique pas en forme d’angle droit. La truffe a un aspect carré vue d’au dessus avec des narines bien ouvertes. Elle doit toujours être noire sans dépigmentation ni trace de ladre. Le museau d’aspect rectangulaire avec les moustaches et barbe doit être assez large et ne pas donner l’impression d’être pointu (tête trop fine) ni trop gros (tête commune). Les lèvres sont d’épaisseur moyenne, fermes de ligne, et se rejoignent bien, la. supérieure chevauchant légèrement l’inférieure.

Les replis aux commissures et la lèvre, inférieure tombante (babines tombantes) sont à proscrire. Leur muqueuse externe doit toujours être lien noire sans parties roses dépigmentées ou ladrées. Pour la denture, le standard dit dents fortes, blanches, s’adaptant parfaitement, c’est à dire que la face postérieure des incisives mandibulaires doit frotter sur la face antérieure des incisives maxillaires. Depuis, le club a ajouté des pénalisations supplémentaires (voir plus haut les précisions que nous donnons sur le standard).

Yeux : l’angle interne de l’oeil est placé à peu près à égale distance de la crête occipitale et de l’extrémité de la truffe. Sa position par rapport à l’axe longitudinal et à son plan sagittal peut faire qualifier selon l’expression de Solaro de "subfrontal ". Son axe axio oculaire, selon la définition d’Hérout, peut osciller comme chez la plupart des médiolignes entre 75° et 800 ; si cet angle est voisin de 45° à 500, 1’œi’1il se trouve placé trop obliquement. Si, comme le demande le standard, l’oeil était horizontal, cet angle serait voisin de 90°. Ce serait alors l’oeil d’un bréviligne ou d’un ultra bréviligne. En réalité, si l’on rejoint les 2 ouvertures palpébrales par deux lignes droites, ces deux lignes ne se superposeront pas parfaitement en une perpendiculaireà l’axe médian, mais formeront avec lui deux angles égaux et supplémentaires. Au point de vue de leur forme, les yeux doivent être grands, bien ouverts, non bridés, c’est à dire pas trop obliques. Pour la couleur, Legendre et Brégi se sont étendus longuement sur la question. Avec eux, je suis d’accord pour rechercher toujours l’oeil bien noir et dans tous les cas, de même que la parfaite pigmentation des bordures palpébrales (aucune tache de ladre ne pouvant être tolérée), quelle que soit la robe, même dans celles où la couleur la plus claire est admise. Legendre et Brégi disent : "L’oeil brun jaune et brun café au lait est à éliminer de façon absolue dans la reproduction, et le reflet brun rouge sera une pénalisation quand même". Toutes ces nuances étant souvent affaire d’appréciation personnelle, il nous suffit de dire que les yeux clairs sont à éliminer ; ils doivent dans "tous les cas" être d’un brun noir.

Oreilles : elles doivent être attachées haut, pas trop longues et non plaquées contre la tête, et sont garnies de longues franges bien fournies. Si elles sont coupées, elles doivent être portées dressées verticalement, ni divergentes, ni convergentes. Si l’oreille est attachée bas, le crâne donne l’impression d’être trop ogival, trop voûté. Si après l’amputation, elle reste molle et flasque, et ne se redresse pas ou mal lorsque le chien est attentionné, il y a pénalisation. L’ensemble de la tête doit être assez sculpté pour donner de la distinction au sujet. Les masses musculaires trop volumineuses (notamment les masséters) sont défectueuses. Cc défaut va souvent de pair avec des arcades zygomatiques trop développées et donnent une expression commune. La crête occipitale doit toujours être bien marquée. La tête doit être assez longue dit le standard. Legendre et Brégi précisent : "La longueur d’une bonne tête multipliée par 2,5 donne sensiblement la taille au garrot. Lorsque le produit est inférieur à la kauteur, le sujet peut être réputé avoir une petite tête. Il n’y a pas d’inconvénient à ce qu’elle soit légèrement plus longue surtout quand l’animal a des tendances longilignes dans son ensemble et à condition de ne jamais donner une impression efféminée. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’en vertu de l’harmonicité des rapports de dimensions entre elles, l’ensemble de l’animal sera comme le veut le standard, mieux proportionné : si, à des rayons relativement courts et à construction ramassée correspond une tête un peu courte, et si à une construction de tendance longiligne correspond une tête plus longue". Le standard n’insiste pas assez sur l’importance de la "garniture" : le poil doit être plat formant une sorte de raie naturelle sur le front. Les moustaches et la barbe doivent être plutôt plates également, en donnant l’impression d’un angle droit à l’extrémité de la face. Les sourcils ne doivent pas retomber à plat, mais se recourber gracieusement comme un arceau sur les yeux, sans les masquer complètement, donc ne pas être trop longs ni trop fournis. Les chiens à garniture trop abondante ont souvent les sourcils trop plats et trop épais. L’insuffisance de garniture est également pénalisable.

ENCOLURE

De forme tronconique bien dégagée, elle doit être musclée et avoir une bonne longueur. Le chien qui donne l’impression d’avoir "la tête dans les épaules" est à rejeter.

CORPS

Chez le mâle, la longueur du corps est égale ou légèrement supérieure (1 à 2 cm) à la taille, les femelles, comme dans toutes races étant un peu plus longues que hautes. Le chien étant très légèrement construit en montant, avec un garrot bien sorti, le dos apparaît droit, le rein large et la croupe un peu inclinée. Les dos incurvés, "ensellés", et les voussés (plus rares) dits "dos de carpe" sont à évincer de l’élevage. La croupe ne doit jamais être plus élevée que le garrot.

ROBE ET POIL

Le poil a une importance toute particulière. Outre les caractéristiques décrites plus haut pour la the, il doit d’abord présenter l’aspect la consistance du poil de chèvre, c’est à dire : sec et rèche, crissant lorsqu’on le serre entre les doigts, tombant le long du corps et des membres en longues mèches avec des ondulations peu accentuées, on dit qu’il est « flexueux". La longueur exigée sur le corps est au "minimum" de 7 centimètres. A l’épaule, on trouve communément des poils de 15 centimètres. Les poils mous, laineux, bouclés ou trop courts sont à éliminer. Le poil mou conserve l’humidité, la boue s’y colle plus facilement et en séchant forme des "matelotes" dait ks4ueiles on ne peut faire pénétrer ni peigne, ni étrille, ni, carde. Les brins d’herbe se fixent plus facilement sur un poil mou, alors qu’ils glissent sur un poil sec. Le sous poil est fin et serré sur tout le corps. Certains auteurs, comme Sédir, redoutent que le feutrage du souspoil s’imbibe d’eau lorsque le chien est exposé pendant de longues heures à une forte pluie, favorisant ainsi des refroidissements néfastes à la santé de l’animal. On a dit aussi que la vie au grand air influençait la texture du poil et qu’un chien de troupeau avait le poil plus sec que celui du cbien d’appartement, chez qui il tendrait à devenir doux et soyeux. Cette opinion n’est exacte que pour une faible partie. Notre opinion est que la qualité du poil est surtout une question individuelle, liée à l’hérédité familiale. Il semble, toutefois, que l’éleveur puisse améliorer le poil par les soins qu’il donne à la vêture de son chien : pansage quotidien au peigne, à l’étrille, à la brosse dure, au gant de crin, vie et travail au grand air. Depuis quelques années, il est à remarquer qu’en exposition, on ne prime plus guère que les chiens ayant une fourrure très abondante. Cet excès de poil est tel que bien souvent on ne voit plus leurs yeux. Ces modèles peuvent paraître pour beaucoup plus plaisants, mais en définitive, c’est rendre un mauvais service à la race que de primer des chiens s’éloignant trop du type berger de travail et c’est peut être l’une des causes pour lesquelles il n’y a plus guère de Briards au troupeau.

C’est peut être aussi une des raisons pour lesquelles, depuis quelques années, l’aspect attrayant de ce chien par sa belle fourrure a été une des causes du grand succès qui lui est réservé auprès des amateurs. comme animal de compagnie, gardien de propriété, ou chien de défense.

Un accroissement très important est constaté chaque dimanche pour les Briards engagés dans les manifestations canines officielles, et depuis 6 ans leurs inscriptions au L.O.F. ont augmenté de 300%, devançant de loin les autres races de bergers français, puisque les inscriptions de Beaucerons n’ont augmenté que de 60%, celles du Picard de 20% et celles du Petit Berger des Pyrénées de 47%.

La robe du Briard doit être unicolore et ùniforme. Ces deux expressions n’ont pas besoin d’êtrè définies e.t commentées. Il arrive parfois qu’on nous présente dans le ring d’exposition des chiens noirs avec des extrémités claires ou au contraire des fauves ayant tendance à présenter un manteau plus foncé, presque noir. Nous pensons qu’il s’agit là de sujets bicolores à rejeter. Mais si la décoloration s’effectue graduellement et progressivement du corps aux extrémités, on peut considérer le sujet comme unicolore, mais alors sa teinte, n’étant pas uniforme, doit être pénalisée. La teinte noire présente beaucoup de gammes, il est précisé qu’elle doit être noire ardoisée, c’est à dire avec des reflets rappelant la couleur gris bleuâtre de l’ardoise. Les gris peuvent être plus ou moins foncés, allant du gris clair, gris souris au gris bleu, gris acier. La couleur fauve comprend tout l’éventail des teintes allant du clair au foncé presque acajou rappelant l’alezan brûlé du cheval. Il peut être fauve charbonné avec masque à la tête, c’est à dire, un poil fauve à la base et noir plus ou moins accentué à l’extrémité. Les robes fauves délavées ne sont pas à conseiller. La teinte brun marron n’est pas admise, pas plus que la robe danoisée qui d’ailleurs n’est plus jamais rencontrée de nos jours. Quelques poils blancs peuvent être tolérés au poitrail, mais un petit plastron ou une liste blanche en tête font pénaliser le chien. L’extrémité des doigts blancs fait éliminer le sujet porteur.

QUEUE

La queue est bien garnie de poils. Elle est entière, ne doit être ni amputée, ni écourtée. Au repos, elle est portée naturellement bas et sa garniture de poils la fait paraître descendre largement en dessous de la pointe du jarret avec son extrémité légèrement recourbée en crochet en forme de J. La queue tombant droite, sans crochet, comme sans vie, est dite "de vache" et révèle souvent un tempérament déficient, indolent ou molasse.
La queue engagée complètement sous le ventre jusqu’à toucher l’abdomen révèle les tempéraments peureux ou la couardise. Le crochet, de toute façon, ne doit jamais être dévié d’un côté ou de l’autre. A l’action, elle se relève en une courbe gracieuse ne devant pas dépasser la ligne du dos et ne jamais être recourbée sur ce dernier "en faucille" et encore moins portée tout â fait à la verticale "en cierge". Un chien dépourvu de queue congénitalement est dit "anoure", celui à queue courte est dit "brachyoure". Le fouet dit "de cochon" est ,court, large à son attache, puis s’effile brusquement. Ni "roulé" comme chez les chiens nordiques, ou les spitz, il ne doit pas non plus être porté en lame de sabre comme les setters ou les épagneuls. La queue du Briard ne doit pas être trop gaie au dessus de l’horizontale, ni déjetée, ni déviée. Les fouets garnis d’une simple frange à leur extrémité sont également à rejeter.

TAILLE

Le standard a fixé la taille du berger de Brie de 62 cm à 68 cm pour les mâles et de 56 cm à 64 cm pour les femelles. Depuis quelques années, on voit dans les rings des sujets, surtout des mâles, dépassant le maximum prévu, et atteignant 70 cm et même plus. C’est rendre un mauvais service à la race que de récompenser parfois hautement de tels sujets. En effet, en conséquence des lois d’harmonicité de Baron, lorsque la taille devient trop importante, tout le format suit, et on en arrive à avoir chez le briard des modèles dont l’aspect général n’est plus celui d’un lupoïde mais des chiens dont la construction générale a tendance à se diriger vers le type "matinoïde". Il nous semble indispensable d’avoir l’honnêteté de pousser un. cri d’alarme afin de revenir au type du vrai chien de berger destiné au troupeau, pas trop grand, mais vif, infatigable et débrouillard.

Dans le passé, on a toujours constaté que lorsque la mode s’emparaît d’une race, elle la conduisait tôt ou tard vers son déclin, sinon à sa perte. Nous n’avons pas la place ici de développer ce qui s’est passé pour le caniche cordé, par exemple, ou chez le Saint Bernard. Si le fait de constater qu’en six ans le nombre des inscriptions au L.O.F. a augmenté de 300% est remarquable et très encourageant, on est aussi en droit de se poser la question de savoir si ce n’est pas au détriment du type et de la fourrure, le véritable poil de chèvre du Briard n’étant ’plus guère rencontré de nos jours. N’oublions pas que la roche tarpéienne est près du Capitole et il faudrait que le Club agisse vigoureusement, et même de façon draconienne, pour que cette belle race conserve toutes ses belles qualités ancestrales de chien de troupeau auxiliaire inégalable du Berger.

ERGOTS

Une fois de plus en 1980, le Club de Race a cru devoir revenir sur le dogme du double ergot aux membres postérieurs. Avec ou sans support osseux, ce caractère secondaire et dominant, sans rôle fonctionnel apparent, est plus qu’un acte de foi qui ne serait que de croire sans preuves à une hérédité bénéfique.

Il est entièrement l’objet d’une tradition, transmission d’une doctrine continue pendant un long espace de temps, et sur une aire géographiquement très étendue.

Ceci constitue le seul fait concret et comme tel respectable, donc justifiant une exigence préalable et tel n’est pas le cas dans l’état actuel des choses et des connaissances, lesquelles cependant ne peuvent l’exclure les dernières dispositions édictées concernant l’inventaire de huit osselets format os de grenouilles par sujet examiné, dans les touffes de poils longs recouvrant et entourant les pieds, nous paraît relever de la casuistique peu compatible avec les possibilités de jugements en ring d’exposition normale.

Dans la même rubrique