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 Dressage du chien

« L’animal dompté ne transmet à ses enfants aucune disposition particulière leur permettant de faire naturellement les tours qu’on lui a appris, parce qu’ils ne lui conviennent pas. Il peut, tout au plus, leur transmettre la résignation dont il aura fait preuve au cours de sa vie en subissant le sort qui lui était imposé. Au contraire, le dressage sollicite et développe les instincts naturels du chien rapidement convaincu de participer à l’activité qu’il apprécie le plus, autrement dit : la chasse, quelles que soient les conditions, bonnes ou mauvaises dans lesquelles elle se déroule.

« Ainsi, dresser un chien, c’est l’habituer à avoir des réactions qui n’ont pas nécessairement un rapport avec les instincts dont il a hérité de ses ancêtres. C’est faire en sorte de le convaincre qu’un tel comportement est tout à fait naturel. Enfin, le dressage a également pour but de renforcer chez l’élève ses qualités ataviques de chasseur en les conditionnant pour qu’elles s’harmonisent avec les objectifs de l’homme dont il est l’auxiliaire. En somme, il s’agit de lui apprendre à collaborer avec ce dernier ».

Pour tout ce qui a trait au dressage du Cocker, j’ai pu me référer à l’ouvrage intéressant rédigé par un expert en ce domaine : M. Arrigo Lupi, dresseur professionnel bien connu de ceux qui considèrent le Cocker comme un chien de chasse et non comme un chien de compagnie, bien qu’il s’acquitte de cette dernière tâche à la perfection.

Un grand nombre de chasseurs considèrent que le Spaniel en général et le Cocker en particulier ne conviennent pas pour la chasse car, selon eux, il s’agirait avant tout de chiens de compagnie.

Je n’ai pas la prétention de parvenir à les convaincre que le Spaniel possède de remarquables qualités de chasseur. Des auteurs bien plus qualifiés que moi pourraient intervenir plus efficacement à ce propos.

Il est évident qu’un certain nombre d’idées préconçues sont à l’origine de l’attitude de ceux qui, contrairement à ce qui se passe ailleurs, ne se préoccupent pas autrement de savoir ce que le Cocker peut faire sur le terrain. Il ne s’agit pas à proprement parler de méfiance de leur part à l’égard des Spaniels (Cockers ou Springers). En réalité, ils doutent que ceux ci soient réellement de bons chasseurs. Mais les animaux eux mêmes ne sont pas responsables de ce comportement de l’homme qui, au lieu de chercher la vérité en analysant les faits, fonde son jugement sur des on dit.

Ou bien est ce malgré tout la faute du Cocker auquel sa taille, son caractère, sa beauté et bien d’autres avantages confèrent toutes les qualités exigées d’un chien de compagnie ? Mais, après tout, faut il donc considérer comme une tare le fait que, peu à peu, cet auxiliaire du chasseur soit devenu un habitué des salons ? Etre un excellent chien de compagnie n’est pas un péché ; en somme, il s’agit d’un don supplémentaire qui vient s’ajouter à ceux qui font de lui un chasseur remarquable, sinon exceptionnel.

On doit bien admettre cependant que la responsabilité de cette situation incombe en grande partie à ces éleveurs qui, peu préparés à exercer une telle activité et, disons le également, dépourvus des qualités nécessaires, ont utilisé et utilisent toujours des reproducteurs n’ayant pas les qualités fondamentales que l’on est en droit d’exiger d’une race de chiens de chasse ce qu’est, en définitive, le Cocker.

Le fait que, comme c’est souvent le cas pour le Setter, le Cocker puisse être à la fois un excellent chien de chasse et un merveilleux compagnon devrait inciter les éleveurs à être encore plus exigeants quand ils sélectionnent les géniteurs. L’une de leurs erreurs est de ne pas assez tenir compte de cette bivalence de l’animal.

C’est pourquoi il est indispensable qu’au moment où il va acheter un chiot dont il désire faire son auxiliaire pour la chasse, le futur propriétaire s’informe soigneusement sur la généalogie de ce dernier et qu’il s’assure que ses ascendants étaient réellement doués pour le travail. Les graves désillusions qui peuvent survenir à la suite de tels achats sont dues non seulement à l’incompétence ou la malhonnêteté des éleveurs mais à la négligence des acquéreurs qui ne se soucient nullement des antécédents familiaux du jeune chien avant de prendre leur décision.

Je ne me lasserai jamais de rappeler que le futur propriétaire d’un chiot destiné à devenir un chien de chasse doit se faire confirmer que l’animal est bien issu de parents possédant les qualités requises pour la chasse ou, mieux encore, de parents ayant participé avec succès à des concours.

Après ces considérations d’ordre général qu’il était indispensable d’exposer, venons en maintenant à l’essentiel de notre propos.

Quand ? Il n’est jamais trop tôt pour commencer le dressage d’un Cocker car cette race est connue pour la facilité avec laquelle elle apprend dès le plus jeune âge.

Comment ? Il faut opérer progressivement, sans jamais se hâter, en faisant preuve du plus grand calme et de la plus extrême patience.

Pourquoi ? Parce qu’un chien non dressé est un peu comme une automobile dépourvue de freins : l’un comme l’autre ne servent à rien.

Ecrire sur le dressage en général peut sembler une chose facile et difficile à la fois. Fxposer l’expérience acquise jour après jour ne pose pas un grand problème mais on a souvent tendance à généraliser et, ce qui est pis encore, à formuler des règles.

Bien que le fait soit évident, il est bon de préciser tout d’abord que l’on ne devient pas dresseur après avoir lu un traité de dressage. Pour y parvenir, il faut posséder des dons naturels. Il n’est pas toujours suffisant d’être patient, calme et sensible ; ces qualités doivent être associées à cette vertu irremplaçable qui permet de se faire comprendre de l’être auquel s’adresse l’enseignement que l’on donne. Il faut absolument avoir cet ascendant naturel qui s’exercera sur l’élève sans que l’on doive recourir à des moyens externes.

Cet ensemble de qualités naturelles doit évidemment être soutenu par une grande expérience. Celle ci, qui ne peut s’acquérir dans les pages d’un manuel, est l’unique étalon permettant de déterminer si ce que nous faisons est bien et nécessaire ou si, au contraire, notre action est inopportune. Les connaissances que j’ai acquises en vivant en permanence avec des Spaniels m’autorisent à exprimer un certain nombre de considérations et de conseils pour leur dressage.

J’ai dit qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer le dressage d’un Spaniel et je suis fermement convaincu de cette possibilité car je l’ai constatée personnellement. Cette façon de procéder permet, entre autres avantages, de développer l’intelligence du chiot et de former son caractère. Le maître et l’élève doivent s’entendre parfaitement ; lorsqu’un tel climat sera créé entre eux, l’un et l’autre cri tireront le plus grand profit. Alors que le dressage précoce ne peut avoir que des effets favorables, il est absolument déconseillé et, pour ma part, je considère inutile de vouloir enseigner trop de choses à l’élève.

Une telle méthode ne peut que le plonger dans la plus grande confusion. Par exemple, il ne me paraît pas nécessaire d’apprendre le commandement "Couché !" au Spaniel. En effet, comme ce chien est de petite taille, si on l’oblige à se coucher au moment où le gibier s’envole, il ne pourra pas voir l’endroit où l’animal tombera après le tir du chasseur. Si l’on tient compte des divers types de végétation rencontrés sur les terrains où il est habituellement employé (buissons épineux, ronces, genêts, roseaux) il est absolument nécessaire que le chien repère la direction exacte de la chute du gibier. Lorsque celui ci n’est pas tué mais seulement blessé, il faut que le chien arrive sur place dans le plus court délai possible afin d’éviter que le fugitif s’éloigne rapidement, ce qui rendrait la recherche plus difficile. Du quatrième au huitième mois, le dressage doit uniquement avoir pour objet d’enseigner à l’élève le commandement Assis ! de même que le rapport. Si, à la fin du huitième mois, votre chien exécute bien ces deux exercices fondamentaux, vous pourrez considérer que vous avez obtenu un succès important et que le dressage de votre petit compagnon est bien avancé.

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