Lorsque, terrorisés et impuissants, nous voyons notre chien rouler sur le sol en proie à d’effroyables spasmes, nous ne savons souvent que faire ; et c’est parfois bien plus tard que nous nous apercevons que la pauvre bête a été victime d’un appât destiné à un autre animal (souris, taupes grillons ou autres).
Il est souvent difficile et même risqué de lui porter secours dans la mesure où les symptômes d’un empoisonnement ne sont pas toujours spécifiques : souvent, au contraire, quand on est habitué à son chien, on confond les symptômes du mal avec ceux de troubles nettement moins graves et, par conséquent, nullement mortels.
Finalement, quand on se décide à appeler le vétérinaire, il est alors un peu tard. Ne perdez donc pas une minute pour faire appel à lui.
Si vous connaissez avec précision la cause de l’empoisonnement, vous pourrez soigner votre chien avec plus de chances de succès, plus vite, plus efficacement. En effet, chaque poison a son contrepoison. Si le chien a mangé de la mort aux rats, s’il a avalé des ordures ou quelques déchets avariés, ou encore, s’il manifeste un violent malaise après avoir pris un médicament, vous devez immédiatement le faire savoir au vétérinaire pour qu’il puisse intervenir avec l’antidote voulu. Nous avons dit que seul le vétérinaire pouvait et devait décider du traitement à prodiguer à un chien malade ; toutefois, vous pouvez toujours, en attendant la venue du vétérinaire, intervenir de votre côté. Par exemple : garder le chien au chaud et faire le nécessaire pour qu’il se vide l’estomac en le faisant vomir.
Il existe ainsi un émétique aussi efficace que populaire : celui qui se prépare en mélangeant un litre d’eau chaude (mais non bouillante) et trois blancs d’oeufs battus.
Forcez votre chien à avaler le maximum de cet émétique et le résultat ne tardera pas à se faire sentir ; toutefois, dès que le Cocker aura rejeté le liquide avec une partie de ce qu’il avait dans l’estomac, laissez le se reposer pendant quelques minutes, puis redonnez lui de l’eau avec du blanc d’oeuf.
De cette manière, vous lui ferez rejeter tout ou presque tout le poison qu’il a avalé ; par la suite, le vétérinaire lui administrera un contrepoison, puis un purgatif.
Il se peut que l’animal, après, soit abattu, fatigué, déprimé. Dans ce cas, vous lui donnerez quelques cuillerées de café fort ou de thé ou vous lui ferez une piqûre de caféine ou d’huile camphrée. Si vous n’avez pas ces médicaments à votre portée, faites avaler à votre chien un peu d’eau additionnée de quelques gouttes de tonique.
Ce ne sont là que des suggestions mais il est évident que l’avis du vétérinaire est toujours nécessaire, en particulier lorsqu’il s’agit d’un empoisonnement.
Examinons maintenant cas par cas les empoisonnements les plus courants ; pour chacun, nous citerons, dans la mesure du possible, les remèdes immédiats et les antidotes.
Arsenic. II existe, dans la mort aux rats, un bonne dose d’arsenic Celui qui prépare les bouchées destinées aux animaux qu’il veut détruire insère dans quelques morceaux de viande hachée et de fromage un peu de préparation à base d’arsenic. Si votre chien a, par malheur, mangé l’une de ces boulettes, il est bien vite pris de violents malaises et de vomissements, de douleurs viscérales ; l’impossibilité d’expulser les selles est suivie d’une incontrôlable diarrhée à l’odeur insupportable ; puis il y a écoulement de salive, asthme, convulsions de tout le corps, difficultés pour uriner et urines teintées de sang.
Appelez immédiatement le vétérinaire et, en attendant sa venue, donnez aussitôt un émétique à votre chien qui doit rejeter de son estomac la plus grande partie possible de son contenu. Le remède indiqué précédemment à base d’eau chaude et de blancs d’oeufs battus convient parfaitement dans ce cas.
Si, pour une raison quelconque, le vétérinaire ne peut se déplacer sur le champ, et si l’empoisonnement est dû à l’ingestion d’une substance à base d’arsenic, préparez un contrepoison de l’une des manières suivantes :
Vous lui aurez ainsi prodigué les premiers soins et les plus immédiats : lavage de l’estomac, administration d’un contrepoison. Donnez lui ensuite une purge, conseillée par votre pharmacien, puis faites avaler à l’animal quelques cuillerées de café fort afin de lui éviter une éventuelle dépression nerveuse. S’il y a apparition de troubles cardiaques, vous pouvez faire à votre Cocker une piqûre de tonique.
Aliments avariés. L’empoisonnement dû à l’ingestion d’aliments avariés, qui se produit la plupart du temps quand le chien a la fâcheuse habitude de fouiner dans les tas d’ordures, se manifeste sous forme de violentes douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, tremblements.
Si possible, faites le vomir pour qu’il se vide l’estomac, et pour cela, faites lui avaler quelques cuillerées de café fort.
Par la suite, donnez lui si possible une purge et, quelques heures plus tard, un dépuratif de l’intestin.
Phosphore. Un empoisonnement par ingestion de phosphore se manifeste, en général, au bout de deux heures. Les réactions sont plutôt violentes et inquiétantes : vomissements avec traces de sang, douleurs viscérales insupportables, asthme, jaunisse, diarrhée, difficultés de déambulation.
Le phosphore entre très souvent, lui aussi, dans la préparation des bouchées empoisonnées contre les souris et les taupes, mais il serait très difficile d’en déceler la présence sans l’odeur âcre d’ail qui se dégage des selles, du vomi de l’animal et de son haleine.
Le poison est très puissant puisque 5 centigrammes suffisent pour tuer un chien de grande taille ; il n’en est pas moins possible de porter secours à la pauvre bête qui, inutile de le dire, souffre énormément en cas d’empoisonnement au phosphore.
Ici également, l’intervention du vétérinaire doit avoir lieu dans les plus brefs délais ; en attendant son arrivée, il faut absolument essayer de faire vomir l’animal avec un émétique ; celui que nous avons déjà signalé à base d’eau chaude et de blancs d’oeuf est des plus indiqués.
Si, par malheur, le vétérinaire ne pouvait intervenir immédiatement, quels contrepoisons devriez vous donner à votre chien ? Pour les empoisonnements au phosphore, il faut absolument exclure toutes les substances à base d’huile et le lait ; il est par contre possible de donner à l’animal un mélange d’eau et de vinaigre de vin, de la magnésie à raison de 30 g dissous dans un demi litre d’eau et ce, par cuillerées tous les quarts d’heure.
Par contre, il existe un contrepoison qui s’est avéré des plus sûrs et efficaces contre le phosphore : une solution de S g d’essence de térébenthine dans environ 100 g d’eau froide, mais non glacée, qui doit être donnée par cuillerées toutes les heures. Bien entendu, s’il s’agit d’un chiot, la dose sera réduite à 3 g d’essence de térébenthine pour 50 g d’eau, et servie par cuillerées tous les trois quarts d’heure.
Ne recourez toutefois à ces remèdes qu’au cas critique où le vétérinaire ne pourrait intervenir à temps.
Morsures de vipère. Il existe dans nos campagnes certaines régions où les piqûres de vipères sont fait courant. Nous n’avons donc pas besoin de préciser que les habitants des régions où pullulent ces dangereux serpents doivent toujours avoir à portée de la main pour eux, pour les membres de leur famille et pour leurs chiens du sérum antivenimeux, médicament qui doit être renouvelé avec une certaine fréquence car, à la longue, il devient inopérant.
Supposons donc qu’à l’occasion d’une promenade à la campagne votre chien ait été mordu par une vipère. Ce qu’il vous faut faire dès que vous vous en apercevez, c’est chercher à éviter que le venin ne pénètre dans le sang. Le remède le plus efficace reste toujours celui de sucer la blessure, de cracher immédiatement le sang et de continuer jusqu’à ce que vraisemblablement tout le venin ou, du moins, une grande partie ait été supprimée.
Inutile de vous dire que vous ne pouvez procéder à cette opération des plus simples mais essentielle que si vous n’avez aucune blessure ou excoriation sur la langue, les gencives, les lèvres et si vous réussissez à surmonter le dégoût naturel que cette situation peut susciter en vous. Mais, si vous aimez votre chien, la pensée que sans votre intervention immédiate l’animal peut succomber sous peu, vous donnera le courage et le sangfroid nécessaires pour lui prêter le secours qui lui sauvera la vie. Immédiatement après, transportez le de toute urgence chez vous, ou mieux, dans le cabinet du vétérinaire qui le soignera comme il faut. Si vous avez par contre dans votre trousse à pharmacie du sérum antivenimeux, vous pouvez toujours, en respectant la notice, soigner vous même votre chien (si le vétérinaire ne pouvait accourir à votre appel ou si vous ne l’aviez pas trouvé).
Prenons maintenant le cas encore plus critique où vous ne vous êtes pas aperçu que votre chien a été mordu par une vipère, ou que vous ne vous en soyez aperçu qu’une demi heure après, si ce n’est plus. Les symptômes visibles chez l’animal et qui devraient vous mettre en alarme sont les suivants : vomissements, soif insatiable, somnolence, tremblements, rougeur et enflure de la partie mordue.
Si vous êtes chez vous, pratiquez immédiatement la piqûre antivenimeuse et appelez le vétérinaire pour qu’il puisse prescrire quelques soins supplémentaires. Mais, si vous êtes encore dehors, si vous êtes loin de chez vous, prenez un mouchoir pour lier étroitement la partie mordue de manière à éviter que le venin ne gagne l’ensemble de l’organisme et, à l’aide d’un couteau très bien affûté, incisez la partie et faites en sortir abondamment le sang pour qu’il entraîne avec lui le venin. Au cas où vous n’auriez pas avec vous de désinfectant, transportez votre chien, le plus vite possible, chez vous ; appelez le vétérinaire et lavez la blessure avec une solution de permanganate de potassium à un pour mille.
Dans le même temps, préparez la seringue et tout le nécessaire pour que le vétérinaire, une fois arrivé, puisse faire l’injection.