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 Historique

Le chien, longtemps méprisé, trouva ses lettres de noblesse et prit sa revanche grâce à la chasse. Les Grecs et les Romains élèvent déjà plus de vingt races de chiens courants. Au Ve siècle les seigneurs commencent à posséder et à entretenir de petites meutes pour courir le gros gibier et particulièrement le loup. On a retrouvé certaines lois, datant du VIIe siècle, qui punissaient le fait d’abattre un chien : « Quiconque tue le chien de tête d’une meute paiera une amende de six sols, ladite peine étant réduite à trois sols seulement pour le second chien et les autres. » Les seules personnes autorisées à chasser sont évidemment les nobles. C’est à cette époque que les monastères, pour satisfaire ceux ci, vont créer de nouvelles races de chiens. La plus connue est sans doute la race saint hubert, produit de l’abbaye Saint Hubert dans les Ardennes. Saint Louis introduisit en France les « chiens gris » qu’il ramena de Terre Sainte où il les avait vus chasser la gazelle. A partir de croisements empiriques, ces chiens vont donner différentes races ayant chacune une aptitude très particulière : ce sont les « chiens allants » pour chasser le sanglier, les chiens « d’oysel » pour provoquer l’envol du gibier à plume, tué ensuite par les faucons, les chiens « couchants » qui se plaquent au sol lorsque le chasseur lance ses filets, et les chiens « courants » qui poursuivent jusqu’à l’épuisement les grands gibiers. Ces chiens courants resteront les moins nombreux pendant toute la durée du Moyen Age. Le chien prend désormais toute son importance. Pour être veneur, il ne faut plus seulement être bon cavalier, mais il faut savoir dresser ses chiens, les comprendre et les aimer. Les principes de la vénerie sont alors exposés dans le Livre du Roy Modus et de la Rogne Récio où l’expression « prendre à force de chiens » montre quelle importance on accorde au travail de la meute, sur le gros gibier. Sous Louis XI ce sont les « chiens blancs », jusqu’alors délaissés, qui ont les honneurs grâce au grand sénéchal de Normandie. Ils auraient pour origine les « chiens gris » de saint Louis et un chien blanc appelé « Souillart », quoique l’existence de ce dernier n’ait jamais été prouvée. Ces « chiens blancs du roy » se retrouveront plus tard dans le chenil royal de Louis XV. La chasse à courre est encore appelée chasse française, au XVIIe siècle, par opposition à la chasse anglaise, qui n’est autre que la chasse à l’affût. Louis XIV codifie la vénerie, toujours réservée aux nobles. Des sommes très importantes leur sont alors allouées par le roi, pour l’entretien des meutes, la construction des chenils et l’entraînement des équipages. A la fin du XVIIe siècle, les meutes du Dauphin, du duc de Vendôme, du grand prieur et du duc du Maine comptent plus de mille chiens. Louis XV, pour sa part, disposera de plus de six cents chiens. Avec Louis XVI, qui ne fut pas un grand chasseur ni un amateur de chiens, et surtout la Révolution, les grands équipages et la tradition de la chasse à courre vont temporairement être mis en sommeil.

Tout le monde, de nos jours, a le droit de chasser ; ce n’est plus un privilège, bien que la chasse à courre ne soit pas, pécuniairement, à la portée d’un public important. Si les grands équipages sont devenus rares, quelques uns perpétuent encore la tradition. La petite vénerie, en revanche, a pris un essor important. Beaucoup de chasseurs passionnés suivent leurs chiens courants, « criant » derrière le petit gibier.

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