En règle générale, la chienne nourrice produit progressivement le lait nécessaire à l’alimentation des chiots en fonction de leur croissance, tout au moins jusqu’à la 5e ou 6e semaine de leur vie. Parfois la lactation donne l’impression de s’installer tardivement, mais le colostrum est présent dans les mamelles : il est essentiel que les chiots tètent cette production particulière de la mamelle dès les premières heures de la vie ce colostrum est riche en globulines, agglutinines et opsonines dont on connaît le rôle immunisant au profit des nouveau nés. Le lait proprement dit est produit à partir du 21e jour, c’est pourquoi les formules données pour la composition du lait de chienne par les différents auteurs sont variables selon la période de lactation à laquelle les analyses ont été effectuées.
L’allaitement maternel est le plus sûr garant de la survie des chiots. Encore faut il fournir à la mère les quantités d’aliments nécessaires à une production qui s’accroît très rapidement, et supprimer toutes causes d’irritation des mamelles de la chienne. On veillera à couper l’extrémité pointue des ongles des chiots, principalement aux membres antérieurs
ce sont autant de griffes dont le jeune irrite les mamelles en s’aidant des membres pour téter. Si les mamelles sont dures et congestionnées, la tétée entraîne des douleurs telles à la mère que celle ci peut aller jusqu’à abandonner ses jeunes.
Parfois le nombre des mamelles est inférieur à celui des chiots ; en outre, certaines mamelles, les abdominales, sont plus volumineuses et leur production plus abondante. Il conviendra de veiller à ce que les chiots profitent tous également, et il sera prudent de placer les plus chétifs aux mamelles les plus généreuses afin d’éviter que l’écart ne se creuse entre les chiots les plus vigoureux qui repoussent les plus faibles.
Le phosphore et le calcium figurent dans ce lait dans le rapport de 1,9 ; certains chiots étant sous alimentés en dépit des précautions prises, les quantités de calcium et de phosphore absorbées par les plus débiles sont insuffisantes, ce qui contribue encore à augmenter l’hétérogénéité de la portée.
En deux mois, la lactation d’une chienne de 30 kg dépasse 119 kg de lait ! Or, son poids ne doit pas varier de plus de 5 % par rapport à son poids normal pendant la lactation.
C’est dire qu’il convient de nourrir la chienne en conséquence, et d’augmenter sa ration de gestation ( déjà augmentée par rapport à sa ration normale ) dès le lendemain de la mise bas.
On donnera ensuite à manger à volonté dès le 4e ou 5e jour après la parturition. On admet qu’au cours de la lactation les besoins d’entretien de la lice fassent plus que doubler, parfois même tripler. On estime à 20-22 kilocalories par 100 g de chiot à la mamelle le besoin supplémentaire. Ces chiffres donnent, au cours de la croissance des chiots, des besoins énormes qui ne peuvent être couverts que par une alimentation très riche, très digeste, et très appétissante, supplémentée en calcium, phosphore et oligo éléments.