Accueil du site / La grande vénerie

 La grande vénerie

La chasse à courre : à la chasse à courre, les chiens sont utilisés pour forcer le gibier jusqu’à l’épuisement total ou il est alors « servi ». Cette pratique se fait de plus en plus rare, car posséder une meute et entretenir des chevaux sont une entreprise considérable. Seule une solide expérience et des moyens financiers importants peuvent la mener à bien.

Il faut tout d’abord, avant de pouvoir commencer la chasse à courre, trouver un cerf, de préférence assez âgé. Ce travail est réservé au « piqueur », qui doit, une fois l’animal « remisé », marquer l’entrée de l’enceinte où se trouve la bête avec une « brisée ». Les chiens « rapprocheurs » sont alors placés à la brisée et obligent l’animal à quitter sa « remise ». Il saute l’allée où se tiennent les « veneurs ». La meute prend la relève des rapprocheurs considérés trop vieux pour se lancer à la poursuite de l’animal chassé. Le piqueur accompagne les chiens à la trompe et à la voix, pendant toute la durée de la chasse. Le maître d’équipage doit empêcher les chiens de suivre la voie d’un autre cerf ; on dit, dans ce cas, qu’il redresse le « change ». Le cerf « débuche » souvent en plaine, ce qui lui permet, grâce à sa vitesse, de gagner du terrain sur ses poursuivants.

Lorsque les chiens ont perdu la voie sur une ruse du gibier, on parle de « défauts ». Très fréquemment le cerf se réfugie dans un étang, c’est le « bat à l’eau ». Il espère ainsi échapper à ses poursuivants, mais les chiens n’hésitent pas à le suivre à la nage. S’il refuse de sortir, il est abattu. S’il regagne la terre ferme, il se trouve rapidement rejoint. C’est l’hallali, il est alors servi par le maître d’équipage. L’animal est dépouillé, les morceaux de choix sont mis de côté et le reste de la carcasse livré aux chiens c’est la « curée ». Il arrive que le cerf parvienne à s’échapper, soit que ses ruses aient empêché ses poursuivants de remonter sa voie, soit qu’il ait pu se dissimuler parmi les roseaux d’un étang, mais l’effort qui lui a été imposé est d’une telle violence que l’animal meurt très souvent d’une défaillance cardiaque.

Le cerf n’est pas le seul animal chassé à courre ; le chevreuil, le sanglier et le renard le sont également. Le chevreuil est attaqué à la « billebaude ». La chasse se déroule plus rapidement, car il est moins résistant que le cerf. Le sanglier ne ruse pas, il sort rapidement de sa remise. Il est mis au « ferme » en peu de temps, et est servi à la carabine. Car même épuisé, à l’hallali, il reste extrêmement dangereux. La chasse à courre sur renard est surtout pratiquée en Angleterre. Elle est souvent le prétexte à une partie d’équitation en pleine campagne.

Les chiens : les conditions de chasse varient selon les régions. Les veneurs, chargés de reconstituer les meutes, se sont surtout attachés à sélectionner les individus en fonction de leur capacité, au détriment du modèle. Dans une région boisée et accidentée, les chiens doivent être charpentés, « criants », bien gorgés et avoir plus de tenue que le terrain. Les qualités inverses devront prédominer dans les contrées de plaine. La finesse du nez se révélera primordiale dans une région sèche où les voies seront légères, surtout si le gibier tel le lièvre a lui même une voie déjà faible.

Certains chiens disposent de qualités particulières. C’est le cas du « rapprocheur » dont la finesse du nez permet de débrouiller la piste d’un animai qui n’a pas encore couru. Le chien de « change » permet à la meute de ne pas perdre la voie d’un animal autre que celui qu’elle doit suivre. Il sait que l’animal échauffé n’a pas la même odeur qu’un animal frais. Le « forlonger » est capable, grâce à son nez exceptionnel, de relancer la meute, lorsque celle ci s’est laissé distancer par le gibier chassé. Le standard des chiens de grande vénerie ne retient que cinq races françaises le grand bleu de Gascogne, le saintongeois, le poitevin, le billy et le lèves que. Les autres races telles que le grand fauve de Bretagne, le saint hubert, le Montembœuf ont malheureusement disparu.

Le grand bleu de Gascogne est issu du saint hubert. On en rencontre encore quelques types proches du type primitif en Gascogne. Mais cette race est en extinction depuis la fin du XIXe siècle, époque où elle était très répandue. Ce chien convient aux voies droites. Il est très fin de nez mais il décroche facilement la voie lors de défauts.

Le saintongeois. Cette race a été croisée avec la précédente pour donner des gascons saintongeois ou viredale. A l’état pur, ce chien n’existe pratiquement plus.

Le viredale est surtout employé pour la course au chevreuil, notamment dans les régions où le terrain est sablonneux, comme dans les Landes.

Le viredale est surtout employé pour la course au chevreuil, voies. Son aptitude à la course serait due à la présence de lévriers dans ses lointains ancêtres. Il est de nature un peu fragile.

Le billy a été constitué dans les dernières années du XIXe siècle, par M. G. Hublot du Rivault de Billy, en Poitou. C’est un chien rapide, bon sur le change, souvent fougueux et querelleur, apte à chasser sur tous les terrains.

Le leves que est un chien issu d’un croisement de gascon saintongeais et de fox hound. Il est « droit dans la voie », plus rapide que le gascon saintongeois auquel il ressemble beaucoup.

Il y a une vingtaine d’années, la société de vénerie a reconnu le français blanc et noir et le français tricolore.

Le chien français blanc et noir est issu du croisement d’un gascon saintongeois avec un fox hound. Le type de ce chien n’est pas encore bien fixé. Les caractères du gascon saintongeois dominent.

Le français tricolore est issu du croisement d’un poitevin et d’un fox hound. Il doit se rapprocher du poitevin surtout au point de vue de son caractère. Mais comme pour le précédent, la race n’est pas encore totalement fixée.

Le fox hound existe en Angleterre depuis au moins deux siècles. Il est droit dans la voie, et très rapide. Il est utilisé en France pour améliorer la vitesse de nos races. Il manque d’un peu de résistance et fatigue vite sur terrain dur.

Le bloodhound est issu du saint hubert. C’est un chien courageux, bon pisteur et possédant une voix grave fort agréable. Il est lent et manque de souplesse.

La meute : une meute est un rassemblement d’individus ayant chacun leur propre personnalité. Le veneur devra tous les connaître, les appeler par leur nom, les traiter de la meilleure façon. Une meute est en constante évolution. Les anciennes races de chiens courants ne sont pas parvenues jusqu’à nous à l’état pur et nous avons vu que les veneurs s’efforcent, par des croisements, de reconstituer des individus possédant le maximum de qualités. La vie de la meute se fait au chenil. Il devra être installé dans un endroit ensoleillé et bien isolé de l’humidité. Les bâtiments sont entourés de grillages métalliques recourbés vers le haut et vers l’intérieur pour empêcher les fugues. La cour, recouverte d’un bitume lisse, descendra en pente douce jusqu’à une évacuation, donnant sur une fosse profonde. Là, sont récoltées les eaux de pluie, les déjections, les eaux de lavage, etc. Les bâtiments sont constitués de trois box. Les deux premiers servent de niches. Dans le troisième, on stocke la nourriture, les médicaments et le matériel de première urgence. Un compartiment doit être prévu pour isoler les femelles en chaleur. Un bâtiment différent servira de maternité. L’alimentation des chiens de meute doit être très riche, eu égard aux énormes besoins de leur organisme. Seront donc distribués, en grande quantité, des aliments composés, de la viande, des abats, du pain, du riz, des pâtes, etc. Le jeune chien est mis en meute vers dix huit mois, alors qu’il vient tout juste d’être débourré. Il connaît son nom, marche au couple et reste en meute. Son apprentissage de chasseur se fera souvent au cours de sa deuxième ou troisième saison de chasse. Au cours des premières chasses il accomplira de grands progrès en suivant l’exemple de ses aînés. Les trois ou quatre saisons suivantes verront le chien atteindre son rendement maximum. Puis, vers l’âge de sept à huit ans ses qualités s’amenuisant, il sera progressivement mis à la retraite. On peut donc constater que la période utile d’un chien se révèle particulièrement courte. Une meute se renouvelle environ tous les cinq ans. La valeur d’une meute est difficile à conserver, car les géniteurs ne transmettent pas régulièrement leurs qualités à leurs descendants. Pour y parvenir, il ne faut pas hésiter à réformer les chiens incapables de satisfaire aux tâches auxquelles ils sont destinés. Il faut de même éliminer les sujets trop petits, les indécis, les paresseux et ceux qui c parlent sans arrêt ». Ces chiens ne peuvent que tromper le reste de la meute bien sur la voie. Un bon chien doit savoir s’effacer au bon moment, se rendre aux médications sûres, rappeler ses compagnons quand il se retrouve premier de meute. Les chiens se connaissent entre eux et s’apprécient. Le jeune respecte ses anciens. Il ne sera pas écouté lorsqu’il donnera de la voix, en même temps qu’un de ses aînés. Dans une meute valable, chaque individu doit fournir sa part de travail. Les chiens courants aiment la chasse, et à aucun moment de la poursuite le veneur ne devra les rappeler, sauf évidemment en cas de défauts.

Dans la même rubrique