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 La méthode mise bas : chute brutale de la température de la chienne

Il n’est jamais facile de déterminer le moment où le travail de la mise bas va commencer. Mais, néanmoins, certains signes avant-coureurs permettent de tout prévoir en temps utile. Une bonne méthode, assez précise, consiste en une prise de température régulière. Cette méthode est connue sous le nom de son promoteur : c’est le signe de liebenberger.

La mise bas est précédée d’une chute brutale de la température par rapport à la courbe habituelle de la chienne. Il convient donc de connaître cette courbe de référence, et pour ce faire de prendre régulièrement la température de la chienne matin et soir à partir de 55 jour de la gestation. Cette courbe s’établit légèrement au-dessus de 38°5, avec une légère variation entre le matin et le soir.

Or, la progestérone est hyperthermisante (c’est l’hormone prépondérante pendant la gestation) et les oestrogènes sont hypothermisants. Ainsi, la température de toutes les femelles mammifères révèle hausse lors de l’ovulation et le corps jaune qui fait suite à l’ovulation sécrétant de la progestérone prend le relai de la folliculine.

Au moment de la mise bas, un renversement progressif de l’équilibre hormonal donne la prépondérance aux hormones oestrogènes. Ce renversement se traduit par des phases d’hypothermie de plus en plus marquées atteignant leur maximum au moment même où va déclencher la mise bas.

Dès le 58° jour, on trouvera des températures inférieures à la normale, plus basses le matin, aux alentours de 37°5 ; 37°8 et normalisées le soir aux alentours de 38°. Il est nécessaire de tenir une courbe à jour, dès que les fluctuations deviennent importantes, il est nécessaire de prendre la température 3 fois par jour, un minimum pouvant passer inaperçu entre deux prises de température. Dès que la température « s’effondre » aux environs de 36°8 – 37°, il est aisé de prévoir que la mise bas est imminente : elle doit intervenir dans les 8 à 18 heures qui suivent, heures au cours desquelles la température remonte rapidement. C’est pourquoi il est indispensable de connaître avec précision le moment du point le plus bas de la courbe.

Aucune théorie satisfaisante n’a pu jusqu’à présent être bâtie pour expliquer le déterminisme de la parturition. Mais on suppose que celui ci est neuro endocrinien et que le placenta agit lui même par sa sénescence le foetus deviendrait un corps étranger que l’utérus se met en devoir d’expulser. On constate de toute façon une augmentation du taux sanguin des corticostéroïdes, une chute de la progestérone, une augmentation des oestrogènes, enfin une sécrétion d’ocytocine d’origine hypophysaire, et l’on sait que l’élévation du taux d’ocytocine et d’oestrogènes favorise les contractions utérines. Ces modifications expliquent également la valeur du signe de Liebenberger.

Deux jours environ avant la mise bas, les flancs de la chienne se creusent, les pointes des hanches deviennent proéminentes et l’animal donne l’impression d’avoir maigri ; ce relâchement des ligaments du bassin est provoqué par une hormone hypophysaire, la relaxine ; les mictions sont plus fréquentes et l’animal commence à refuser toute nourriture.

A la dernière heure, la chienne s’agite, elle se déplace sans cesse, gratte le sol comme pour faire son nid. Sa respiration s’accélère par moment, puis enfin elle se couche, se calme, et les contractions commencent, accompagnées de douleurs qu’elle extériorise plus ou moins selon sa nature. En même temps, le volume de la vulve s’accroît, un liquide glaireux s’écoule du vagin, et la chienne, s’arc boutant pour aider ses contractions abdominales, commence à expulser le premier chiot qui peut apparaître encore enfermé dans ses enveloppes ou, si celles ci sont rompues, encore attaché par le cordon ombilical au bout duquel pend une partie ou la totalité des enveloppes. La chienne se saisit de ces enveloppes, les absorbe et sectionne très adroitement le cordon presque au ras de l’ombilic du chiot, puis elle lèche celui-ci et commence à le nettoyer, le retournant, le séchant, faisant preuve d’une activité qui fait souvent craindre une brutalité qui n’est qu’apparente. Ainsi manipulé, le chiot ne tarde pas à pousser ses premiers cris et se dirige vers les mamelles pour se mettre aussitôt à téter. La couleur vert foncé des enveloppes est normale.

Les expulsions surviennent toutes les 15 à 20 minutes environ ; un intervalle beaucoup plus long, bien que les contractions persistent, doit faire craindre un obstacle de position ou de volume gênant l’expulsion suivante. Si cette éventualité se précise, il faut le plus rapidement possible demander l’avis du vétérinaire, mais s’abstenir, avant l’exploration des voies génitales de la chienne, de l’utilisation de drogues par piqûre qui, dans certains cas, sont formellement contre indiquées. En moyenne, une mise ’bas complète dure de 2 à 8 heures. Dans nos races bergères, les dystocies sont plutôt rares, les têtes de nos chiots (lesquelles se présentent les premières dans 70 % des cas ) ne présentant aucune caractéristique augmentant la difficulté de l’expulsion.

QUE PEUT FAIRE LE PROPRIÉTAIRE PENDANT LA MISE BAS ?

Si la mise bas présente des suites normales ( et une prise de température journalière permettra de s’en assurer), on remarquera pendant 10 jours, et même plus, l’évacuation de liquides plus ou moins sanguinolents et verdâtres. Si ces écoulements devenaient purulents, à odeur putride ou anormale, il y aurait lieu de faire appel sans tarder au vétérinaire : en l’absence d’un chiot retenu dans l’utérus, la présence d’une enveloppe foetale non expulsée suffit à déclencher une infection utérine parfois gravissime et retentissant de toutes façons sur la lactation, c’est à dire, par voie de conséquence, sur les chances de survie du reste de la portée.

Dès que la mise bas est terminée, la chienne change de caractère son amour maternel la rend possessive et jalouse même parfois vis à vis de son maître. Peu à peu la chienne retrouvera un caractère normal, et ce d’autant plus vite qu’elle n’aura pas d’objets d’inquiétude pour sa portée.

Il n’est pas rare qu’une chienne reste 24 ou 36 heures sans manger. En effet, elle vient de se gaver des enveloppes foetales qui d’ailleurs lui procureront souvent une diarrhée abondante et noirâtre dont ii n’y a pas lieu de s’inquiéter, sans persistance anormale. Mais le plus souvent, elle aura soif et ii est bon de laisser à sa disposition de l’eau fraîche en abondance, ou du lait reconstitué qui l’aidera à assurer sa propre lactation. Les avis sont partagés sur le nombre de chiots à conserver à la mère. Certains cynophiles, certains clubs édictent des règles tout à fait arbitraires. Sauf malformation évidente, je suis d’avis de laisser la mère élever la totalité de sa progéniture, puisque la sélection naturelle, bien souvent déterminée par un rejet spontané de certains chiots par la mère, rétablit l’ordre des choses dans une portée trop nombreuse. Et si tous les chiots survivent, il suffira de prévoir pour la mère une alimentation adaptée à ses besoins et, si nécessaire, avoir recours à un allaitement artificiel d’appoint.

Une sélection trop arbitraire risquerait de s’avérer maladroite et la suppression prématurée de certains sujets, faite dans l’incertitude et l’inconnu, nécessite toujours un choix délicat, difficile, dont les résultats sont d’ailleurs par principe sujets à caution. Bien présomptueux est celui qui se permet d’affirmer n’avoir pas supprimé de futurs champions.

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