Accueil du site / La quête

 La quête

Elle a lieu à environ 20 ou 25 mètres devant le fusil, surtout pendant la phase active qui conduit à la découverte du gibier. Le mode de progression du chien sur le terrain n’obéit pas à des règles fixées à l’avance mais on exige de lui qu’il procède à une exploration systématique, aussi bien devant le chasseur, dans l’axe de marche de celui ci, que sur les côtés. La rencontre de la trace du gibier qui détermine l’itinéraire du parcours de chasse justifie un changement de direction qui peut amener le chien à passer derrière le chasseur, mais à condition qu’il maintienne la liaison avec celui ci.

Le rythme du pistage est déterminé par l’allure du gibier qui se déplace plus ou moins facilement selon qu’il est plus ou moins gêné dans ses mouvements. Cette partie du parcours est délicate car le chien doit concilier deux nécessités : ne pas perdre le contact avec le porteur du fusil et suivre la piste du fugitif. Le Spaniel ne peut se permettre de dépasser le gibier (ce qui constituerait une anomalie grave pour un chien d’arrêt) ; lorsqu’ils sont nombreux sur le terrain, les faisans, comme les cailles, ne peuvent être tous repérés les uns après les autres et le pistage de l’un conduit bien au delà du gîte des autres.

Le Spaniel ne doit pas s’abstenir de fouiller les fourrés et les roseaux qui se trouvent sur son chemin par crainte d’abîmer son poil soyeux et ses belles franges. De même, il ne doit pas s’arrêter en tremblant, même l’hiver, devant un fossé qu’il doit franchir si la récupération du gibier l’exige. Lorsque le froid est intense, le chasseur décide si l’opération doit être tentée ou abandonnée mais le conducteur qui a engagé le chien dans l’épreuve confie en quelque sorte à celui ci le soin de défendre son honneur et de poursuivre sa tâche jusqu’au résultat final. Il existe une différence sensible entre la quête du Cocker et celle du Springer : l’action de ce dernier est plus rapide dans la plupart des cas. Il court plus vite et la durée du parcours utile avant le tir est moins longue. De même, il intervient de façon plus décidée car son instinct de chasseur n’est pas émoussé par des caractéristiques ataviques antagonistes. La quête du Cocker est plus "grouillante" (ce terme n’est pas de moi, je ne fais que l’emprunter), c’est à dire plus minutieuse. Il procède à des sondages plus fréquents pour s’assurer que son flair le conduit

toujours sur la bonne piste et se faufile entre les obstacles végétaux qu’il examine méticuleusement alors que le Springer se précipite sur l’obstacle, y pénètre impétueusement et, éventuellement, le dépasse dans sa foulée.

Y -a-t il une différence quelconque, au plan pratique, entre le rendement de chacun de ces chiens ? Il peut y en avoir en fonction de l’habitat. La situation est un peu comparable à celle que l’on observe selon que l’on chasse avec un Pointer ou un Braque.

Le travail d’exploration du terrain par les deux chiens doit s’effectuer à un rythme rapide et soutenu. Si l’animal se contente de suivre les pas du chasseur parce qu’il est mal disposé ou paresseux, il est inutile de lui prodiguer des encouragements. Car les exhortations verbales ne sauraient changer le caractère d’un chien qui ne s’intéresse pas au gibier.

Le conducteur ne doit pas abuser du sifflet ni de la voix pour relancer l’action car le chien est sur les traces d’un gibier qui, déjà en mouvement, essaie de se défiler en marchant, toujours prêt à prendre son envol pour échapper à son poursuivant. Enfin, il ne faut pas tenter de détourner le chien de la piste qu’il est en train de suivre car lui seul est capable, grâce à son nez, de décider si elle est bonne ou pas. Quand on emploie une paire de Spaniels, il faut veiller à ce que chacun respecte son compagnon ; la surexcitation de l’un accrue par les odeurs qu’il ne peut manquer de sentir ne doit pas troubler la quête du second jusqu’à conduire les deux animaux hors des limites du terrain qui leur a été fixé pour la quête.

Au moment où il découvre la trace du gibier et surtout, lorsque l’envol est imminent, le Spaniel agite frénétiquement le bout de sa queue pour annoncer au chasseur que le terme de son action est proche. Cette attitude n’est jamais un acte gratuit, pour la forme ; c’est le geste volontaire de l’auxiliaire intelligent qui prévient son maître. Un chien qui oblige un gibier à s’envoler, sans avoir préalablement transmis cette précieuse information à son maître agit comme s’il s’était trouvé par hasard en présence du gibier. C’est une faute qui mérite d’être pénalisée.

Si, de deux Spaniels utilisés simultanément, l’un force le gibier à s’envoler et provoque ainsi le tir du chasseur, l’autre chien accourt presque inévitablement sur les lieux après avoir abandonné la piste toute fraîche qu’il était en train de suivre. C’est se conduire en pédant que de critiquer une telle réaction et d’émettre à son sujet quantité de sophismes. Car on ne peut exclure l’éventualité que la piste négligée soit justement celle du gibier sur lequel le chasseur a tiré, même si elle en est séparée par une grande distance au moment du coup de feu. Il ne saurait être question d’exiger d’un chien qu’il respecte d’abord les sacro saints règlements plutôt que son propre instinct qui, lui, se trompe rarement.

Dans la même rubrique