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 La recherche au sang

un bon chien de « sang » doit être capable de retrouver un animal blessé, quelques dizaines d’heures après le tir. C’est une spécialisation que n’acquièrent pas souvent les chiens courants. Elle demande une grande finesse de nez, des qualités innées, et beaucoup d’intelligence, le dressage n’intervenant que pour les développer. 

Cette recherche se pratique plus volontiers sur le gros gibier : sanglier, chevreuil, cerf.

Certaines races ont des prédispositions, comme le teckel par exemple, mais en Suisse, il n’est pas rare de voir des cockers effectuer fort bien ce travail.

Vous devez, en premier, faire comprendre à votre chien la différence d’odeur existant entre un gibier mort et un gibier vivant. Il vous suffit, en général, de lui faire sentir la bête morte, de l’encourager de la voix, et de le laisser mordre dedans. Si vous n’avez pas la possibilité de recueillir du sang d’un gibier, il faudra vous contenter d’une mixture assez peu agréable. Deux litres de sang de mouton seront mélangés à celui d’un lièvre, avec deux ampoules d’héparines et du citrate de soude en petite quantité (vous pouvez ajouter les entrailles du lièvre). L’adjonction des produits chimiques est nécessaire pour empêcher la coagulation du sang. Une personne amie vous tracera la piste, en partant d’une flaque de sang. Cette piste suivra une ligne droite sur une centaine de mètres. Vous menez votre chien, tenu en longe, au niveau de la flaque. Vous le laissez partir sur la piste en le suivant, sans tirer sur la longe. Vous le caressez et le récompensez largement. Vous observez ensuite une progression dans les difficultés en diminuant la quantité de sang, puis en augmentant la distance de la piste, et en traçant des angles. Le chien doit agir seul, et vous n’intervenez qu’en dernier ressort. Dans le cas où il aurait vraiment perdu la piste, vous le ramenez sur la ligne de départ et recommencez.

En bout de piste le chien doit trouver : le gibier mort, les récompenses et les caresses. Vous devez, en une semaine, obtenir un résultat parfait. Petit à petit et selon la réaction du chien, vous direz les pistes et retarderez le moment de la recherche, d’une heure au début, puis de trois heures, et ainsi de suite jusqu’à vingt quatre heures. Votre chien ne sera véritablement un vrai chien « de sang » que lorsqu’il en sera arrivé là. En pratique, l’animal blessé, qu’il soit cerf ou sanglier, se couche toujours à un moment donné. Par conséquent, la recherche au sang ne commencera que quatre ou cinq heures après le tir. Le maitre et son chien doivent former une équipe. Il est important qu’ils se comprennent mutuellement. Le chien se met sur la piste et avance, il hésite, repart, revient, s’agite : vous devez savoir interpréter son comportement pour parvenir à une conclusion heureuse. Si, pendant la recherche, l’animal blessé a changé de place, vous pouvez lâcher le chien. Il le rejoindra alors, et vous n’aurez plus qu’à intervenir pour achever le gibier blessé cela le plus rapidement possible, afin d’éviter d’inutiles et cruelles souffrances.

La recherche au sang la plus longue est certainement celle du sanglier. C’est aussi une des plus dangereuses pour l’homme et le chien. En effet, le sanglier, très résistant, peut parcourir, même blessé, plusieurs centaines de mètres, voire des kilomètres. Il se battra jusqu’au dernier souffle et son approche sera difficile. Vous devrez lâcher votre chien afin qu’il puisse s’écarter sans être gêné par la longe. Vous prendrez ensuite des dispositions nécessaires pour tirer le sanglier vite et bien.

Nous venons de parler de la recherche du sang, qui n’entre pas exactement dans le cadre du déterrage, mais concerne surtout les chiens de terriers. Ils présentent, en effet, des qualités de courage, de ténacité et d’obstination, qui les rendent particulièrement utiles dans ce genre de chasse. Ces mêmes terriers peuvent être employés avec succès dans la chasse au petit gibier, pour peu qu’ils possèdent deux qualités importantes : être très criants et obéir parfaitement. Aussi devrez vous, si vous désirez les faire chasser le gibier à plume (perdreaux, faisans, etc.) et le gibier à poil (lièvre, lapin), pousser leur entraînement à l’obéissance au maximum. La marche au pied » sera parfaite, l’immobilité au coup de feu également. Le « down » n’existe pas pour les chiens de terriers. Il est remplacé par l’immobilité, ce qui revient pratiquement au même. N’oubliez pas que la discipline et la soumission au maître, qui sont les bases de la réussite en dressage, se révèlent particulièrement payantes dans ce cas particulier.

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