Avec ses quelque 7 000 chercheurs, environ 11 500 ingénieurs, techniciens et administratifs, le Centre national de la recherche scientifique est notre plus grand organisme public de recherche. Il dépend du secrétariat d’État aux universités. Ses activités s’étendent à tous les domaines de la science. Elles sont regroupées en cinq secteurs dont celui des sciences de la vie et celui des sciences de l’environnement.
Le C.n.r.s. gère cent trente laboratoires. Et il finance des équipes (de cinq à dix chercheurs) ou des groupes de recherches interdisciplinaires, lorsque la nature des recherches ne justifie pas la mise en place de structures permanentes.
A côté de ces formations propres, le C.n.r.s. aide des laboratoires et des équipes qui dépendent d’autres organismes, dont le Muséum, et, pour une grande part, l’Université. L’interpénétration des personnels de l’Université et du C.n.r.s. est essentielle. 70 % des chercheurs du C.n.r.s. travaillent au sein des formations de recherche des facultés. Inversement, les membres de l’Enseignement supérieur représentent plus de 50 % de l’effectif des laboratoires propres du C.n.r.s.
Par ailleurs, dans le cadre d’actions contractuelles, le C.n.r.s. crée des équipes et des laboratoires associés. Et, depuis une période récente, il développe des actions programmées. Ce sont les R.c.p. ou Recherches coopératives sur programme (d’une durée de un à trois ans et renouvelables) et les A.t.p. ou Actions thématiques programmées, proposées par appels d’offres largement diffusés dans la communauté scientifique.
D’après les statistiques, le secteur « Matière et rayonnement » physique nucléaire et chimie se taille la part du lion 44 % du budget. 22 % des crédits sont affectés aux « Sciences de la vie », secteur qui englobe, outre les sciences naturelles, les recherches biologiques, médicales, etc. Les statistiques ne chiffrent pas, hélas, les débouchés qui nous intéressent en écologie, entomologie, etc.
Le découpage des laboratoires ne correspond pas aux questions que l’on peut se poser avant d’être un étudiant très averti. Il faut déjà « baigner » dans la recherche pour saisir la chance de s’intégrer, par exemple, dans une A.t.p. sur l’oeil et la vision, en proposant d’étudier tel animal nocturne... On peut toutefois se faire une idée de ce qu’est la science, en consultant le Rapport d’activité des secteurs scientifiques du C.n.r.s. L’intitulé des chapitres est significatif.
Comment entre t on au C.n.r.s. ? En principe, aucun diplôme n’est exigé. En réalité, on souhaite recruter des « professionnels ». Le 3e cycle de l’Enseignement supérieur a été créé précisément pour former à la recherche’. Et de toute façon, comme la porte est étroite, le niveau des connaissances nécessaires ne cesse d’augmenter.
Dans la pratique, on fait acte de candidature en déposant un dossier qui comprend le Curriculum vitae (diplômes, publications, temps de recherche effectué dans tel ou tel laboratoire), plus un projet de recherche et l’appréciation du directeur avec lequel on voudrait travailler. Ce qui implique qu’on ait déjà fait de la recherche avec ce directeur. Son rapport est déterminant.
Le C.n.r.s. peut donner suite en accordant au postulant un contrat de recherche. Le Syndicat national des chercheurs scientifiques (S.n.c.s.) dénonce là une façon de sous payer un personnel hors statut, alors que le C.n.r.s. devrait engager des stagiaires. Dans le contexte actuel sauf exception on ne passe jamais directement de la condition d’étudiant, même avec une thèse, à celle de stagiaire. Dans les disciplines qui ne sont pas considérées comme prioritaires, on peut attendre plusieurs années avant d’être embauché.
Au bout de deux ans, les stagiaires passent attachés de recherche, sur avis favorable de la Commission scientifique dont ils dependent. Ces Commissions, qui se réunissent tous les ans au printemps, décident de l’avancement dans la carrière de tous les chercheurs. Voire des licenciements (en fait rarissimes : une vingtaine par an). Quoique statutairement contractuel (à l’exception des directeurs de recherche qui sont fonctionnaires), le personnel du C.n.r.s. a eu jusqu’ici la sécurité de l’emploi.
En revanche, l’État accorde par le biais des Commissions les promotions au compte gouttes. Notamment au niveau du passage d’attaché à chargé de recherche. D’après les textes en vigueur, un chercheur ne peut être attaché plus de huit ans. L’État débloque donc des postes de