Il est évidemment capital, et la femelle a autant d’importance que le mâle : chacun des sujets apporte à égalité son patrimoine génétique.
C’est sur le plan général de l’élevage que l’étalon prend plus d’importance que la lice, par le simple fait qu’un étalon peut être père de nombreuses portées en un an, alors que la chienne elle même n’en mettra qu’une, parfois hélas deux, dans le même laps de temps. C’est pourquoi la plupart de clubs inscrivent, à l’issue d’expositions spéciales d’élevages un certain nombre de sujets sur une liste " d’étalons recommandés ", c’est à dire réputés du fait de leurs qualités et de l’étude de leur descendance comme aptes à améliorer la moyenne de la race.
Mais cette notion de la plus grande importance du mâle, valable sur le plan de la race, n’est pas transposable au niveau du couple où chaque élément intervient à égalité. La seule restriction que l’on peut apporter à ce principe concerne le caractère de la mère qui semble intervenir sur celui des chiots au cours des premières semaines de la vie. Héréditaires elles aussi, les bases du caractère sont modelées par l’éducation.
Nombreux sont ceux qui croient qu’il suffit d’accoupler deux géniteurs possédant un pedigree pour obtenir de beaux sujets. Rien n’est plus faux. Un pedigree ne fait que garantir ( en fonction de la sincérité des déclarations des éleveurs ) l’ascendance des sujets. C’est la connaissance de celle ci, tant du côté du père que du côté de la mère, ainsi que l’étude des collatéraux, qui permettra de se faire une idée sur la probabilité d’obtenir des résultats satisfaisants. Un exemple est nécessaire pour faire comprendre l’intérêt de l’étude des collatéraux celui de la cryptorchidie s’impose par sa simplicité ; imaginons qu’un chiot dans une portée ne présente qu’un seul testicule apparent. On pense que cette affection est héréditaire. Or, elle n’est bien évidemment apparente que chez les mâles ; les soeurs de ce mâle seront néanmoins porteuses du gène responsable et susceptibles dans certaines conditions de reproduire elles mêmes des chiots cryptorchides. De même, certains frères de la portée, pourtant normaux, seront eux mêmes porteurs du gène, mais sous forme récessive, c’est à dire non extériorisée. Il conviendra d’éviter de faire reproduire un tel mâle. De même, il ne faut pas croire que c’est enroisant un beau chien avec une belle chienne que l’or obtiendra obligatoirement de beaux chiots. Il est impossible, même à l’éleveur averti, lors d’une première union, de prévoir sans risque d’erreur, ce que sera la descendance de telle lice accouplée avec tel étalon. Bien sûr, il convient avant tout de ne pas céder, par commodité, à la tentation de la proximité l’étalon le plus proche n’est pas obligatoirement celui qui convient à votre chienne ; bien au contraire, du fait de la distribution parfois géographiquement concentrée des produits d’un élevage local, il est fréquent de procéder ainsi à un croisement en consanguinité trop étroite, méthode qui a ses avantages, et même ses indications, mais dans des cas bien précis, dans un but préalablement déterminé, et doit de ce fait être réservée à des éleveurs chevronnés.
Les critères de choix doivent porter à la fois sur les qualités que l’on désire transmettre et les défauts que l’on cherche à éliminer, et ce à travers l’observation des descendants, selon qu’ils ont hérité ou non des uns ou des autres. Il faut bien comprendre que ces facteurs se transmettent inchangés, qu’ils apparaissent ou non ; ce n’est pas en jumelant des défauts inverses qu’on les efface on ne fait qu’ajouter des défauts au patrimoine héréditaire face à un défaut que l’on cherche à supprimer, il faut choisir un partenaire dont le patrimoine est indemne de ce défaut, en souhaitant que son influence de traceur de pénétration génétique prévaudra.
Le palmarès en exposition ne vous apportera qu’une indication sur la valeur " beauté " d’un sujet, impression qu’il conviendra de compléter éventuellement, sur le plan des aptitudes au travail et de l’équilibre psychologique, par l’étude du palmarès en épreuves de travail.
Dans ce domaine aussi les apparences peuvent être trompeuses z une place en exposition dépend de la concurrence en présence, et un 3C Excellent vaut mieux qu’un 1 Très bon. Tout est relatif, et c’est la régularité des résultats, devant plusieurs juges, qu’il conviendra de prendre en considération. En ce qui concerne l’âge de la reproduction, il est admis qu’il est souhaitable de n’accoupler que des géniteurs pleinement adultes (2 à 2 ans 1/2) et avant 6 ou 7 ans. L’âge minimum de la reproduction est d’ailleurs codifié puisqu’il correspond à l’âge minimum de la confirmation. En pratique et bien que les intéressés ne tiennent pas toujours compte de ce principe, il semble plus facile de faire opérer deux partenaires dont l’un est mieux entraîné que l’autre à jeune chienne chien aguerri et réciproquement. Partant du principe que votre chienne possède un pedigree, il convient ici de se souvenir des formalités indispensables afin que les
chiots puissent eux mêmes être titulaires d’un certificat de naissance.
Afin d’être à même de respecter toutes ces règles, il est évident qu’une saillie ne s’improvise pas ! A un mois près, vous pouvez prévoir les chaleurs de votre chienne puisqu’il est exclu que vous la fassiez reproduire avant ses troisièmes chaleurs par conséquent, mettez vous en quête d’un étalon ; assurez vous qu’il est bien inscrit au LOF, et qu’il a subi avec succès l’examen de confirmation.
En ce qui concerne les détails concrets de l’opération, sachez que c’est la chienne qui se déplace, et qu’il convient bien souvent de compter avec les hésitations des partenaires, avec l’incertitude de la période d’acceptation spontanée du mâle qui varie d’une chienne à l’autre. Ne prévoyez pas un simple aller et retour, et le cas échéant, sollicitez du propriétaire de l’étalon la garde de votre chienne pendant 3 ou 4 jours la plupart des éleveurs y consentent d’autant plus volontiers que cette manière d’agir augmente les chances de succès.
Enfin, abordez, avant la consommation, les conditions matérielles : Prix de la saillie ou don d’un chiot au choix du propriétaire de l’étalon choix de portée. Il est toujours souhaitable que ces conditions soient confirmées par écrit, ne serait ce que par échange de lettres.
En l’absence de convention contraire et de législation précise sur ce sujet qui est source de bien de différends, tout litige est tranché par les usages de la cynophilie selon ce qu’il était convenu d’appeler la coutume de Monaco, récemment remaniée en coutume de Berne, élaborée en 1979.
Il peut arriver que, par négligence le plus souvent, l’un des géniteurs ou même les deux ne soient pas encore inscrits à titre définitif, c’est à dire possède un certificat de naissance sans que celui ci ait encore été transformé en pedigree définitif, soit que le chien n’ait pas été présenté à l’examen de confirmation, soit que la feuille remise par l’expert confirmateur n’ait pas été transmise à la S.C.C.
En signalant cette situation lors de la déclaration de saillie, le dossier sera mis en attente pour une période maximum de 6 mois.
Ces conditions particulières doivent éventuellement être prévues lors de l’accord écrit entre les propriétaires