Le choix du chiot : après ces quelques considérations générales, nous allons aborder le problème délicat du choix de votre futur chiot. Beaucoup de choses ont été écrites à ce sujet. Certains préconisent de prendre le premier chiot qui vient à vous, d’autres de choisir le plus gros ou le plus petit. Sincèrement, je suis persuadée qu’il en est un qui vous est particulièrement destiné. Regardez, examinez longuement la portée, et prenez celui qui vous plaît le plus, à condition qu’il soit gai, vif, le poil brillant, heureux de vivre et en pleine santé. Evitez le petit peureux, qui se cache dans le fond du chenil, même s’il vous semble particulièrement attendrissant. Si vous hésitez encore, prenez conseil auprès de l’éleveur, il les a vus naître, grandir, évoluer et connaît bien le caractère de chacun d’eux. N’oubliez pas de lui préciser la destination pour laquelle vous achetez ce chiot, cela l’aidera à bien vous conseiller.
Le choix du jeune ou de l’adulte : pour l’adulte et le jeune, les offres étant limitées, vous vous montrerez doublement vigilant. Ne prenez jamais un adulte peureux, il est vraisemblable qu’il le restera toute la vie, même si son propriétaire vous affirme le contraire. Essayez, dans la mesure du possible, de connaître les motifs de la vente... Le vendeur est honnête... sans doute, mais mieux vaut mettre le maximum de chances de votre côté.
Le chien ou la chienne ? Quant au choix du sexe, il est bien souvent affaire de principe ! Personnellement, j’aime mieux les chiennes, qui sont en général plus douces et plus dociles. D’autres vous diront qu’elles ont des périodes de chaleurs qui tombent bien souvent, et cela est exact, au moment de la saison de chasse, et que, par conséquent, un mâle est préférable. II faut tout de même signaler que, chez la chienne, il est possible de retarder ou de supprimer momentanément les feux par des « piqûres » faites sous contrôle vétérinaire. Si vous possédez un jardin, et que vous teniez à vos arbres et à vos fleurs, préférez la chienne qui ne « lèvera pas la patte ». Par contre, si vous vivez en appartement, et si vous avez des tapis de couleurs claires, préférez le mâle qui n’aura pas de périodes sexuelles ennuyeuses, et salissantes. En définitive, sachez qu’un bon chien de chasse chassera, qu’il soit mâle ou femelle.
Dans les motivations de votre choix, interviennent, en plus des origines, le caractère, la taille et la race attachée au type de chasse que vous pratiquez. Les races que nous allons développer dans un prochain chapitre ont souvent des attributions particulières. Un teckel ne pourra pas chasser au marais, le braque ou le pointer ne travaillera pas au terrier. Il est de même bien évident que, si vous possédez un studio, vous ne devrez pas acquérir un chien de grande taille ou une race au caractère réputé remuant, ni un chien demandant beaucoup d’exercice alors que vous travaillez toute la journée. Par contre, si vous vivez à la campagne, ou si vous possédez un grand jardin, tout vous sera permis.
Le chien sans race il peut arriver, et cela se pratique beaucoup en province, dans les milieux de chasse, que l’on vous offre, ou que l’on vous vende, un chiot de parents chasseurs, mais de race indéterminée. Nous rencontrons beaucoup, dans nos belles campagnes françaises, de ces chiens incontestablement bons à la chasse, mais ne pouvant être assimilés à une race précise. Tayaut ou Mirka ressemblent à un griffon ayant fauté avec un chien courant ou un épagneul ! Ces croisements sont faits parfois en connaissance de cause par les propriétaires, ou plus simplement à l’occasion d’une partie de chasse. Les résultats peuvent se « .révéler excellents. Tout chasseur a connu, un jour dans sa vie, ce genre de chien, peu esthétique, mais terriblement efficace.
Il arrive aussi, dans certaines régions, qu’une nouvelle race se fixe. Tous les chiens finissent par se ressembler étrangement, ce sont là les phénomènes de la génétique. En Savoie, par exemple, les chiens peuvent être assimilés à la race bruno, le Jura n’étant pas loin ! Ces chiens ne représentent pas, comme les chiens de race, une valeur marchande définie, puisqu’il n’y a pas eu recherche d’origines, expositions, pedigree, etc. Leur prix modique peut être un argument en leur faveur, mais il ne faut pas oublier qu’aucune garantie ne vous est offerte. Qui peut prouver que les parents sont bien ceux que l’on vous indique ? Vous devez donc faire entièrement confiance au vendeur, ou accepter le cadeau en toute connaissance de cause. Laissez vous tenter, si vous avez la possibilité de loger plusieurs chiens. Dans le cas contraire, gardez vous en bien et achetez un chien de race avec un pedigree sérieux.