C’est pour encourager les bergers et instituer entre eux une féconde émulation que les clubs ou groupements s’occupant de chiens de berger ont mis sur pied des épreuves concernant le travail de ces chiens. Dès sa fondation, le Club Français du Chien de Berger organisait des concours sur moutons. Le premier eut lieu à Chartres en 1896, le 2 à Angerville en 1897 à l’occasion duquel, rappelons le, les premiers standards des bergers de Beauce et de Brie furent élaborés. Cette société organisa de nombreux concours, annuellement, au cours de manifestations agricoles.
La Société Nationale pour l’utilisation du chien de berger, fondée en 1911 sur l’instigation de Jules Dunet, s’était aussi assignée d’encourager l’élevage et le dressage des chiens de berger comme chiens de troupeau. Cette Société se limita aux bergers de Brie et de Beauce qui étaient les seules variétés reconnues et sélectionnées à cette époque. Elle estimait, avec juste raison, que c’est dans l’utilisation au troupeau que ces races doivent se conserver et ne pas perdre petit à petit leurs belles qualités.
Un chien conduisant un troupeau est dans son élément, il n’y a qu’à regarder travailler un chien de berger pour s’en convaincre. Encore en 1920, J. Dunet ne se lassait pas de réclamer dans la presse spécialisée la multiplication des concours sur moutons en terrains variés. Il faut bien constater hélas que depuis cette époque, les épreuves sur moutons ne furent jamais nombreuses, ni importantes. La Fédération Ovine et la Société Centrale Canine se sont bien, tour à tour, occupées de ce problème, mais il est juste de dire que ce ne fut qu’avec un discret empressement.
On distingue deux sortes de concours :
Les concours "fixes" où les concurrents rassemblés travaillent avec un troupeau inconnu et sur des terres inhabituelles. S’ils ne reflètent pas complètement la réalité, car le travail de conduite se réduit inévitablement à sa , plus simple expression, ils n’en sont pas moins intéressants pour les cynophiles, mais encore très profitables aux utilisateurs et permettent néanmoins au jury de se faire une idée concrète et objective du "métier" du concurrent, de le noter et de le classer.
Voici comment les décrit, dans son intéressant ouvrage sur Les chiens de berger au travail, M. Lœvenbruck : "Sur une vaste prairie entourée de grands arbres, une piste en S, de 6 mètres de largeur et d’une longueur de 400 mètres environ, est tracée au moyen de deux raies de charrue. Sur cette piste, on place trois obstacles un fossé, un passage rétréci et une banquette irlandaise. Des moutons, divisés en lots, sont enfermés dans des parcs à l’extrémité de la prairie d’où les bergers et leurs chiens doivent les conduire en suivant la piste, à d’autres parcs situés à l’opposé.
R. Montenot donne une autre variante : "Dresser un parc contenant de 30 à 50 moutons vigoureux, la sortie du parc face à une piste de 6 mètres de large ayant la forme d’un 8 sur 50 mètres de long. Cette piste sera coupée par une autre piste à son endroit le plus étroit. Elle comprendra dans son parcours un passage en surélévation dit ’passage du pont’, qui devra s’élever d’au moins 70 centimètres sur toute la largeur ou partie seulement de la piste. Les rampes devront être très douces et non glissantes, les rampes et le dessus devront comprendre des parapets solides. Les rampes pourront être légèrement en éventail... A un autre endroit assez éloigné, devra obligatoirement exister un passage de plain pied, dit ’passage rétréci’, qui ne prendra que la moitié de la largeur de la piste et qui sera délimité par des balustrades. L’entrée et la sortie pourront comprendre des balustrades placées en éventail. Un véhicule circulant sur la piste transversale est mis la disposition des juges. Un tirage au sort décide si ce véhicule croisera, dépassera ou coupera le troupeau. Les juges feront garder les moutons en place au moins une minute, l’emplacement pouvant être différent pour chaque concurrent. Les moutons seront reconduits au parc qui devra être fermé par le conducteur. Ce dernier s’avancera auprès des juges avant de se retirer.
Les concours "itinérants" où les membres du jury à une époque déterminée et dans une région désignée se déplacent auprès des troupeaux pour juger les concurrents travaillant avec leurs moutons habituels, sur les terres de leur propriétaire. Cette méthode permet évidemment d’apprécier à sa très juste valeur le travail d’un certain nombre de chiens, mais il n’est pas spectaculaire, ni éducatif puisqu’il n’y a pratiquement aucun public. Il ne crée aucune émulation directe entre les bergers.
Le 5 mai 1953, une commission spéciale composée de cynophiles qualifiés et de membres de la Fédération Ovine avait mis au point un règlement qui fut diffusé à cette époque par la Fédération Ovine dans les départements intéressés.
Mais le Sport Canin étant régi en France par la Société Centrale Canine, quelques années plus tard, cet organisme se saisit de cette question et en collaboration avec la Fédération Ovine mit en vigueur en 1961 un règlement officiel qui fixa les règles définitives du jugement dans les épreuves de travail des chiens de berger au troupeau. Ces épreuves permettent d’obtenir le Brevet de Travail et par la suite le Certificat d’Aptitude du Championnat de Travail (C.A.C.T.).