Nous avons dit plus haut que presque tous les chiens de chasse avaient une « quête » naturelle. Certains présentent aussi des défauts de « quête » tout aussi naturels qu’il faudra corriger le plus vite possible.
Près de chez moi, habitent un chasseur et son chien. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois dans la rue, et avons sympathisé.Il prit l’habitude de me relater ses aventures de chasseur malheureux. Chaque semaine pendant la saison de chasse, il partait plein d’espoir le matin et rentrait bredouille le soir. Un jour, il revint particulièrement mécontent, et me raconta l’objet de son désarroi. Fatigué d’avoir exploré toute une matinée avec son chien une vaste plaine, il s’éta assis pour se reposer et reprendre des forces. A l’instant où il se relevait pour partir, un bruit, à quelques pas de lui, lui fit tourner la tête. Devinez ce qu’il vit ? Toute une compagnie de perdreaux gros et gras i... Son chien en pleine quête était passé à côté. Je lui expliquai le défaut de recherche du chien, et lui conseillai de le corriger le plus vite possible. Les mauvaises habitudes étaient déjà prises, mais il a tout de même réussi à obtenir quelques résultats. Maintenant, il ne rentre bredouille qu’une fois sur deux !
Le défaut de quête que l’on rencontre le plus souvent est « le retour en dedans ». En effet, lorsque le chien arrive en bout de lacet, il tourne derrière lui, au lieu de tourner en avant et en s’appuyant sur le vent. Ce mouvement n’est pas normal, puisque le chien se retrouve le dos au terrain non encore exploré. De plus, le chien perd beaucoup de temps, car avant de reprendre une quête normale, il lui faut refaire le terrain déjà parcouru. Pour corriger ce défaut, vous devez, en marchant rapidement, arriver en bout de lacet légèrement en avant de lui, et à ce moment le siffler. Pour vous rejoindre, le chien sera obligé de tourner dans le bon sens. Vous recommencerez l’expérience plusieurs fois de suite. Ne soyez pas impatient, plusieurs semaines vous seront nécessaires pour corriger ce défaut. Mais vous y arriverez très bien. Un autre système de dressage donne de bons résultats. Lorsque votre chien s’apprête à virer en bout de lacet, vous sifflez rapidement le « down ». Vous allez ensuite jusqu’à lui, pour le remettre dans le sens normal de la quête. Vous répétez cette opération plusieurs fois, toujours en vous déplaçant à chaque « down ». Cette méthode est plus fatigante pour vous que la première, car elle exige de votre part beaucoup de marche. En ce qui me concerne, je la préfère tout de même, car elle est en général mieux comprise. Vous pouvez essayer les deux systèmes et choisir celui qui donne de meilleurs résultats sur votre chien. Le second défaut de quête, assez fréquent lui aussi, consiste pour le chien à passer derrière son maître, et c’est ce dernier qui, contre toute logique, se trouve en tête de quête. La situation ne sera pas trop difficile à rétablir. Chaque fois que le chien passe près de vos talons, donnez lui un léger coup de pied. Normalement il devrait comprendre que sa place est devant vous. Sinon, pivotez rapidement, lorsqu’il se trouve près de vous, afin de l’obliger à passer devant. Répétez obstinément ces petites manoeuvres le plus souvent possible, sans perdre patience. Ces défauts devront être corrigés de façon définitive, avant d’entreprendre la suite du dressage. Répétons le encore : tout exercice commencé doit être parfaitement réussi avant de passer à un autre !
La « quête » étant la méthode la plus efficace pour la recherche du gibier, il faut pouvoir en régler le processus. Un grand principe dit qu’ « il est plus facile d’en retirer que d’en donner », c’est à dire qu’il vaut mieux posséder un chien ardent qu’un chien mou. Faute, malheureusement de pouvoir changer de chien, vous essaierez d’améliorer celui que vous avez. Le chien trop mou devra être continuellement encouragé et excité. Faites le courir après les lièvres ou les lapins, il y a de fortes chances qu’à la longue cela donne de l’amplitude à sa quête. Si le chien doit s’habituer à différentes surfaces de quête, il doit aussi savoir changer d’allures. En effet, dans un terrain de chasse très giboyeux, une quête lente sera plus efficace, car elle oubliera peu de gibier.
Par contre, sur un terrain où le gibier est peu abondant, une quête rapide permettra de couvrir le plus de surface possible et donc de créer des occasions plus nombreuses.
Au début, vous laissez votre chien aller le plus loin possible, puis vous raccourcissez les lacets en le rappelant au sifflet (deux coups brefs). Chaque jour, vous répétez cet exercice, mais en variant la longueur des lacets (par exemple : une quête courte, puis une autre, une longue, une courte, deux longues, etc.). Au bout de plusieurs jours, le chien aura compris qu’il existe deux façons de travailler. La réussite de cet exercice s’obtient assez facilement, s’il est très bien rodé au sifflet. Après une ou deux saisons de chasse, un bon chien saura régler lui même sa longueur de « quête », instinctivement selon la nature du terrain. Si votre chien est bien « mis », vous devez en faire ce que vous voulez.
En ce qui concerne la vitesse, la technique sera un peu différente. Dans certaines chasses, comme la chasse au marais, le chien ne doit pas se précipiter brusquement à l’eau, le bruit de son plongeon risquant de faire fuir le gibier en tous sens ! Vous freinerez donc son ardeur. Pour cela, vous le mettrez en position de « down » le nez dans le vent, pendant quelques instants. Puis, vous lui donnerez le commandement de départ : « allez », par exemple. Vous le laisserez parcourir une trentaine de mètres et vous sifflerez le « down ». Vous le rejoindrez et le lancerez à nouveau, dans la même direction et sur la même distance. Vous recommencerez cet exercice plusieurs fois. Pour qu’il ne soit pas trop surpris de ce nouveau travail, vous intercalerez quelques lacets normaux. N’apprenez pas ce mode de quête au chien trop mou, vous risqueriez d’aggraver sa tendance naturelle à la lenteur.
Pour obtenir un résultat parfait, et un chien « quêtant » intelligemment, vous ne devez pas mélanger les exercices. Ils seront exécutés progressivement, et réservés chacun à une sortie diffé rente. Un jour vous lui donnerez une leçon de quête étendue, le lendemain ou le sur len demain, selon le résultat de la leçon précédente, une leçon de quête courte. N’oubliez pas, parallèlement, de continuer la pratique du « down ». Il ne la connaîtra jamais assez, surtout s’il est très ardent.
Nous pouvons maintenant passer à un exercice de patience : le « rapport ».