L’aptitude d’un poisson à changer de couleur alors qu’il vit à même le fond des eaux constitue un avantage indéniable. Les poissons plats sont parvenus à développer cette aptitude d’une façon remarquable. Vous pouvez regarder dans un aquarium étiquette « turbot » et vous demander où diable peut se trouver ce poisson tant son camouflage est extraordinaire. La quantité de lumière pénétrant l’oeil du poisson semblerait contrôler la taille des cellules de pigmentation sur la surface de son corps. Ainsi, d’une manière presque parfaite, il peut s’assortir à la couleur ou au motif du fond et souvent, à moitié enfoui, il est pratiquement impossible de voir sa silhouette.
Pendant très longtemps les zoologistes ont étudié les formes fossilisées de poissons qui avaient sans aucun doute représenté un stade dans l’évolution partant des poissons pour arriver aux amphibiens. lis avaient déduit de cette étude que ces poissons devaient être très laids et qu’ils furent très courants ii y a 300 millions d’années. Ils les ont appelés des coelacanthes. Vous pouvez aisément vous imaginer la stupéfaction quand, en 1938, un coelacanthe fut attrapé par mégarde par un chalutier sudafricain. En réalité, les coelacanthes vivaient dans les profondeurs de l’océan alors qu’on les croyait disparus depuis fort longtemps. C’était presque comme si l’on avait trouvé un dinosaure vivant au milieu d’une forêt.
Malheureusement, pendant l’examen de ce premier spécimen les viscères furent jetés et on ne put étudier le fonctionnement interne de ce poisson. Une récompense fut offerte pour la capture d’un autre spécimen mais quatorze ans se passèrent avant qu’un autre coelacanthe fut attrapé, cette fois, près de Madagascar. Depuis, un certain nombre ont été étudiés, mais la brutale apparition du primitif coelacanthe est toujours appelée « la grande découverte zoologique de ce siècle ».