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 Les rapports du chien

Le rapport à distance de plus en plus grandes : vous placez votre chien en position de « down », et allez disposer le gibier ou l’apportable à vingt mètres. Vous revenez près de lui et commandez successivement « allez » et « apporte ». Vous procédez ainsi plusieurs fois de suite, tout en augmentant les distances (trente, quarante, soixante mètres). Vous devez arriver facilement à des distances de l’ordre de cent à deux cents mètres. Il ne sera pas utile d’aller plus loin.

Le rapport d’un gibier caché : vous attachez votre chien dans un endroit oil il ne peut pas vous voir, et vous cachez votre gibier, à une quinzaine de mètres environ. Vous allez chercher le chien, le placez en position de « down » ou « d’assis », et commandez « allez » et « cherche ». Dès qu’il passe à proximité du gibier vous commandez « apporte ». Par la suite, vous cachez le gibier de plus en plus loin. Si le chien hésite, vous l’encouragez de la voix, sans jamais vous déplacer. Si vous n’obtenez alors aucun résultat, vous recommencez en prenant une distance moins grande. En dernier ressort, vous l’accompagnez au gibier en l’encourageant vivement de la voix. De toute façon, placez toujours votre gibier dans le vent. Profitez de cet exercice pour lui apprendre le pistage. Cela vous sera utile pour retrouver un gibier blessé pouvant encore marcher. Le chien toujours caché, vous traînez le gibier sur le sol pendant quelques mètres, puis le lancez dans le vent à un ou deux mètres. Vous amenez le chien sur le point de départ de la piste et commandez « allez » et « cherche ». Il va se mettre sur la piste, le nez à terre, et retrouver le gibier assez facilement. Après plusieurs de ces exercices, vous devez modifier les directions. Vous partez d’une ligne droite, tournez à droite, puis à gauche, revenez en arrière, etc. Modelez les difficultés du parcours selon les réactions de votre chien.

Le rapport au fourré ou dans un terrain difficile  : vous devez procéder comme ci dessus, en utilisant des cachettes de plus en plus difficiles à trouver. Vous commencez par une touffe d’herbe, un talus, des broussailles, des roseaux, etc. Si votre chien est très ardent, il suffit de l’encourager de la voix. Par contre, s’il s’agit d’un sujet timide, vous avez intérêt à l’accompagner, surtout la première fois. Recommencez ces exercices, ils sont très importants. En effet, les terrains de chasse sont souvent très variés et le relief plus ou moins accidenté, selon que vous chassez en plaine ou au bois.

Le rapport d’un gibier vivant : vous procédez exactement comme pour le rapport à la piste, mais en accompagnant le chien jusqu’au gibier. Encouragez le car il sera sans doute troublé en le voyant se débattre. Au besoin, vous l’aiderez s’il doit le prendre de force. Ne lui donnez jamais la possibilité de mâcher le gibier, c’est un grave défaut, difficile à corriger. Vous avez intérêt à apprendre à votre chien le rapport sur tous les gibiers. Cela ne présentera guère de difficultés, surtout s’il est particulièrement doué. Lorsqu’il s’agit d’un gibier à plume, surveillez la position de l’oiseau dans sa gueule. Il ne doit en aucun cas être pris par une aile ou par la queue, mais par le milieu du corps. Vous intervenez et placez le gibier correctement dans la gueule du chien. Vous recommencez autant de fois qu’il le faut. Avec un lièvre, certains chiens de petite taille éprouvent de grosses difficultés. Mieux vaut ne pas trop insister. Il n’y a pas de problème pour les autres. Vous devez le faire rapporter comme le gibier à plume, par le milieu du corps.

Le rapport à l’eau : pour certaines races spécialisées dans ce rapport, rien n’est plus facile (cockers, springers, labradors, etc.). Pour les autres, conduisez vous avec prudence afin de ne pas commettre d’erreurs irrémédiables. Vous ne devez pas forcer un chien à entrer dans l’eau, mais faire en sorte qu’il s’y décide seul. Vous l’amenez au bord d’un cours d’eau ou d’une mare peu profonde et vous le laissez agir à sa guise. Il ira probablement à l’eau sans hésiter, et vous pourrez alors lui jeter l’apportable. Dans le cas contraire, jouez avec lui et jetez l’objet tout au bord. Petit à petit, il rentrera dans l’eau sans s’en apercevoir. N’oubliez pas récompenses et caresses à chaque rapport bien effectué. En aucun cas, vous ne devez envoyer l’apportable trop loin, le chien insuffisamment rodé au contact de l’eau risque de prendre peur, ce qui compromettrait sérieusement l’exercice. Si votre chien a peur de l’eau, vous devez l’aider en y allant vous même. Cela n’a rien de particulièrement agréable, surtout l’hiver, mais le résultat ne s’obtiendra qu’à ce prix. Vous marchez au bord de la mare ou du ruisseau, votre chien en laisse, et vous vous engagez progressivement dans l’eau en l’encourageant de la voix. En aucun cas vous ne devez le forcer, en tirant sur la laisse par exemple. Vous pouvez par la suite l’enlever, il vous suivra sans crainte. Dès que le chien aura assimilé cet exercice, vous devez lui apprendre à sauter d’une berge ou d’un plongeoir. Vous jetez l’apportable à l’eau et vous encouragez votre chien. Lorsqu’il revient, l’objet dans sa gueule, vous le félicitez et le récompensez. Vous recommencez plusieurs fois, mais sans trop exagérer la hauteur à sauter. Par la suite, vous devez travailler sur gibier à plume et à poil, de taille et de poids différents.

Nous touchons au terme des leçons de « rapport ». J’espère que vous avez obtenu les résultats que vous escomptiez ! Maintenant que votre chien est bien « mis », ne vous amusez pas à lui faire rapporter n’importe quel objet, vos lunettes, vos chaussures, vos journaux, etc. Cela aurait pour résultat de remettre en question toute la technique de rapport du gibier. Mais, en revanche, vous pouvez continuer un entraînement raisonnable et régulier.

La dent dure avant d’aborder le rapport sur le terrain de chasse, ouvrons une parenthèse pour parler de la « dent dure ».

C’est un défaut assez courant chez les chiens de chasse, mais qui ne doit pas exister chez le vôtre, si vous avez suivi mes leçons. Dans le cas contraire, votre chien aura tendance mâchonner le gibier et peut être même à le déchirer. Vous devez lui faire perdre cette habitude désastreuse.

Placez la laisse au cou du chien, et allez avec lui chercher le gibier. Lorsqu’il l’a p ris dans la gueule, surveillez le bien et intervenez immédiatement s’il a tendance à le mâcher. Commandez « donne », prenez le gibier, et recommencez l’exercice. Par la suite, vous pouvez enlever la laisse, tout en surveillant toujours son rapport de très près. Si le chien se montre particulièrement rétif, vous pouvez essayer le « collier électrique ». Vous donnez alors quelques impulsions chaque fois que le rapport n’est pas correctement effectué. Cependant n’abusez pas de cet instrument, vous pouvez à tout jamais dégoûter votre chien du rapport.

Le rapport sur le terrain de chasse : vous voici enfin dans le vif du sujet. Gardez votre calme, sinon vous risquez de rendre votre chien aussi nerveux que vous. Tout en chassant, vous devez l’observer et enregistrer ses défauts de rapport (et éventuellement les autres), afin de pouvoir les corriger. Faites le si possible sur le terrain et immédiatement, en vous référant aux leçons que vous avez apprises. En début de saison, vous ne ferez rapporter que les pièces faciles en terrain découvert. Par la suite, comme pour le dressage, vous augmenterez les difficultés. Si votre chien vous donne quelques inquiétudes, n’hésitez pas, prenez la laisse et faites une leçon directement sur le terrain. Vous pouvez même, sans vous rendre ridicule, accompagner l’animal jusqu’au gibier et le forcer à le prendre. En douceur, toujours en douceur, ne l’oubliez pas. Quelques récompenses glissées dans votre gibecière serviront à sanctionner les succès de votre élève. En procédant ainsi, vous arriverez en fin de saison avec un parfait chien de rapport.

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