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 Levriers, animaux gracieux

Tous les peuples du monde ont eu leurs Lévriers ; animaux gracieux, chez qui le goût de la course semble être plus grand que celui de la chasse, à tel point que sur les cynodromes. on peut les voir lancés à la poursuite d’une bête empaillée qui suffit à les exciter.

Dans ce groupe bien défini, le dixième de la liste de la Société centrale canine, chaque espèce comporte les mêmes caractéristiques fondamentales, avec seulement quelques variantes.

Cependant, il semble que leurs origines soient différentes et qu’ils proviennent de races distinctes qui, nous dit le professeur De chambre, ont convergé par l’étirement des lignes céphaliques et corporelles ». C’est ainsi que le Lévrier russe ou Barzoï serait un dérivé de l’Epagneul, le Deerhound du Griffon, etc. Comment cela est il advenu ? On ne le sait pas trop. Mais qu’ils aient les poils ras, durs ou longs, qu’ils soient monochromes, gris, blancs ou bringés, ils montrent la même tête allongée au crâne étroit, le même long cou, le même ventre « levretté », c’est à dire en are concave, la même musculature puissante sous la peau bien tendue. Tous ont la svelte élégance décrite par le poète Gage de la Buigne : Epaule de chevreau sauvage, Coste de chevreau de boscaige, Ongle de cerf, queue de rat Cuisse de lièvre et pied de chat.

Les types les plus connus sont le Greyhound (mot qui n’implique pas un chien gris, mais qui est sans doute une déformation de great hound [ou grand chien, à moins qu’il ne vienne de l’arabe ygra rapide) ; le Lévrier d’Espagne ou Galgo, le Lévrier d’Ecosse ou Deerhound, le Lévrier russe ou Barzol, le Lévrier hongrois, le Kurde, l’Afghan, le Lévrier d’Anatolie, le Lévrier des Indes ou Rampur, le Lévrier arabe ou Sloughi, le Lévrier persan ou Saluki ; et j’en passe, mais il faut ajouter les Lévriers nains qui sont de même coupe, mais d’un moindre format : les Whippets anglais - miniatures du Greyhound - et les Levrettes d’Italie ou « Levrons », dont fameuses Noces de Cana du Louvre.

Dès la plus haute antiquité, les Lévriers figurent dans les oeuvres des artistes et des écrivains ; les peintures égyptiennes nous en montrent des groupes entiers, du genre Saluki, poursuivant les chacals, buffles ou lièvres, que leurs maîtres tirent à l’arc.

Ovide, au premier livre des Métamorphoses compare Daphné fuyant Apollon au lièvre affolé que poursuit un Lévrier. Arrien croit que les Lévriers viennent de France et les nomme « chiens des Gaulois ». Ce sont des chiens aristocratiques. Dès l’an 1015 le roi Knut d’Angleterre permettait aux seuls gentilshommes d’en posséder. Ils semblent n’avoir vécu que sur les marches des trônes, tant on les voit souvent représentés dans les tableaux officiels auprès des princes et des souverains, ou aux pieds des reines de marbre gisant sur leurs tombeaux. Tiepolo en faisait grand cas. Dans sa fameuse fresque du palais Labia à Venise, un Lévrier escorte ce couple célèbre qui fit tant jaser Antoine et Cléopâtre.

Le Lévrier chasse « à vue ». Dès que le lièvre détale, il s’élance à sa poursuite. Son étonnante vitesse d’allure, ses virages sur une patte, ses changements de pied au grand galop, sont un spectacle qui enchante les amateurs. Si le coursing est interdit en France, à cause de la densité des récoltes, il est encore permis en Angleterre, mais dans ce pays même, il est restreint à des lieux choisis et fait l’objet de concours qui s’exercent, non sur des lièvres débusqués de leurs habitats naturels, mais apportés sur le terrain. C’est ainsi que le Waterloo Cup attire chaque année beaucoup de spectateurs ; les noms des Lévriers gagnants sont aussi célèbres dans ce milieu d’amateurs que celui du Grand Prix ou du Prix de Diane chez nous.

Le Deerhound. La chasse à courre n’a pas toujours té la vénerie scientifique, limitée à la poursuite d’un seul animal à la fois. Les Assyriens, les Egyptiens et, au Moyen Age, les seigneurs d’Europe, chassaient pour détruire. Leurs méthodes étaient similaires. Des hommes armés rabattaient, vers des filets tendus, buffles, lions et gazelles ou cerfs, chevreuils et loups, que d’autres hommes à pied ou à cheval tiraient à l’arc, tandis que les chiens égorgeaient tout ce qui leur tombait sous la dent.

Cette façon de faire dura longtemps même dans nos pays et particulièrement en Ecosse. Nous avons le récit d’une partie de campagne offerte en 1529 par le comte d’Athol au roi Jacques 1er où l’on massacra de cette manière soixante cerfs et biches. Les auxiliaires de ces carnages étaient en Grande Bretagne les Deerhounds (chiens de cerfs).

La race en faillit disparaître à plusieurs reprises au cours de l’histoire, mais il se trouva toujours à temps des amateurs pour les sauver de l’extinction. C’est là un chien dont, malgré sa haute taille, un de ses enthousiastes partisans écrit que « même dans une maison de modeste dimension, il est un élément indispensable au cercle de famille où il se montre adroit dans ses mouvements, discret de nature, et où sa bonne grâce est constante » (Book of the Dog).

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