Votre premier souci en achetant un chiot doit être celui de le faire vacciner contre la maladie de Carré. Cette mesure préventive le met à l’abri de cette très grave maladie. Pourtant, certains experts affirment encore que le vaccin ne parvient pas toujours à immuniser les animaux contre la maladie de Carré qui, souvent, atteint également les chiens adultes. Espérons donc que la science, toujours en constante évolution, finira par trouver un remède définitif à cette maladie qui est un véritable fléau pour les chiens.
La maladie de Carré a, au début, les symptômes d’un refroidissement banal mais, bien vite, prend des proportions plus inquiétantes : yeux rougis par la conjonctivite, écoulement purulent et abondant, inflammation et douleurs de la gorge, turgescence des amygdales, forte élévation de la température (jusqu’à 41°), écoulement de mucus du nez. Très souvent, toutes les régions cutanées dépourvues de poils se couvrent de boutons purulents, rouges, identiques à ceux de l’eczéma et le chien est pris d’une diarrhée aussi incontrôlable que fétide qui lui donne souvent le "coup de grâce".
Déprimé, fatigué, brisé, l’animal reste immobile, haletant dans sa couche et peut mourir si vous ne le soignez pas correctement. Au risque de paraître excessivement prudent, soumettez immédiatement votre chien à un contrôle médical dès que vous vous apercevez que ses yeux rougissent et que sa voix devient rauque car il n’est pas rare que, sous l’apparence d’un simple refroidissement, se cache le danger beaucoup plus grave d’une attaque de la maladie de Carré.
Il ne nous semble pas superflu de préciser que, depuis quelques années, l’usage veut que soit pratiqué sur les chiens le vaccin trivalent qui permet d’immuniser les animaux contre la maladie de Carré, l’hépatite contagieuse et la leptospirose. La maladie est contagieuse et si votre chien en est atteint, isolez le pendant une dizaine de jours au moins.
Pendant la maladie, le chien doit rester dans une pièce chaude correctement aérée et purifiée.
Le régime doit être simple, à base de viande légèrement cuite et finement hachée, de bouillon de viande concentré, de lait tiède avec, tous les deux ou trois jours, un jaune d’oeuf.
Il se peut que le chien refuse de manger : il vous faudra alors le nourrir au biberon, avec du consommé ou du lait tièdes.
Lavez ses yeux enflammés avec une solution légère de camomille ; pour supprimer le catarrhe bronchique, préparez de préférence une infusion (en versant environ 0,10 g de racine d’ipéca dans 150 g d’eau) à raison de deux cuillerées par jour. L’air du local où se trouve le chien doit être aromatisé régulièrement dans la journée avec quelques gouttes d’essence de térébenthine versées dans un litre d’eau bouillante. Du récipient placé au milieu de la pièce se dégagera un parfum agréable qui, comme dans les cas de bronchite, permettra à votre chien de mieux respirer.
Une fois par jour, faites avaler à votre chien une cuillerée d’huile de ricin qui atténuera le catarrhe intestinal, et n’oubliez pas que les selles de l’animal atteint de la maladie de Carré doivent être immédiatement détruites pour éviter qu’elles ne propagent le mal à d’autres chiens.
Dès que les symptômes de la maladie auront disparu, le chien peut être considéré comme convalescent, mais cette convalescence ne doit jamais durer moins de quinze jours, durant lesquels le régime de l’animal sera substantiel mais léger : servez de préférence à votre chien des potages de viande concentrés où vous aurez versé une poignée de riz bouilli, ou encore des soupes de farine d’orge, de farine de riz ou de la panade. Augmentez la quantité de graisse de jour en jour mais ne lui servez de la viande à moitié cuite et hachée que lorsque sa diarrhée aura complètement disparu. Pour éviter de dangereuses rechutes, gardez votre chien au chaud pendant plusieurs semaines et faites lui porter un manteau dès que vous le ferez sortir.