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 Manifestation physiologique

Votre petite chienne Cocker aura ses premières chaleurs entre son septième et son dixième mois. La manifestation physiologique de ce phénomène est une enflure progressive de la vulve accompagnée d’un écoulement de liquide d’abord séreux puis sanguinolent. Quant à son comportement, il est caractérisé par une modification radicale de la nature de ses rapports avec le milieu ambiant et les êtres humains. Elle donne des signes évidents de déséquilibre nerveux et se montre très distraite et préoccupée.

Lorsque vous observerez tous ces symptômes, n’allez pas en conclure que votre chienne vient d’atteindre l’âge du "mariage" même si, d’un strict point de vue physiologique, on peut considérer que sa formation est achevée. Ne vous laissez pas entraîner par l’envie d’avoir bientôt sous votre toit une belle portée de jeunes Cockers auxquels vous vous promettez de dispenser les soins les plus affectueux ou dont la naissance vous permettra de satisfaire ceux de vos amis à qui vous avez promis un petit chien. Efforcez vous également d’oublier, si cette pensée vous est venue, que vous pourriez éventuellement récupérer une partie des frais déboursés jusqu’à présent pour élever votre chienne en vendant ses chiots à un négociant spécialisé ou à des amateurs attirés par des annonces insérées dans la presse. Si vous ne résistiez pas à ces tentations, vous commettriez une grave erreur. En effet, quand elle a ses premières chaleurs, une chienne n’est pas encore prête physiologiquement à reproduire dans des conditions normales. A ce moment là, votre seul souci doit être de la surveiller étroitement afin qu’elle ne s’échappe pas. Car, si elle y parvient, elle rencontrera rapidement l’un de ces inévitables bâtards que l’on découvre à tous les coins des rues et, très probablement, elle ne repoussera pas ses démonstrations amoureuses. Cette éventualité présente un double inconvénient : d’une part, un accouplement précoce peut être physiquement dangereux pour la jeune chienne et, d’autre part, quand vous serez en présence d’une nichée de jeunes chiots dont l’aimable innocence ne manquera pas de vous séduire, vous n’aurez vraisemblablement pas le courage de les supprimer. Et plus tard, devenus grands, ils iront grossir la foule de ces bâtards auxquels nul ne saurait reprocher leur origine mais qui, dans la plupart des cas, et même s’ils sont nés dans d’excellentes conditions matérielles, finissent par échouer dans la rue.

Parvenus à ce stade de déchéance, ils finiront par disparaître dans des conditions lamentables comme presque tous les chiens errants car la capacité d’accueil des refuges de la S.P.A. est excessivement réduite. Notons, en passant, que le chien de race n’est pas menacé de connaître un tel sort. La valeur (commerciale, il faut le dire) que ses origines lui confèrent est le gage qu’il trouvera toujours un amateur prêt à l’accueillir sous son toit.

Nous avons indiqué qu’il n’est pas bon d’accoupler la jeune chienne à l’occasion de ses premières chaleurs. Il est recommandé d’attendre les secondes et même, ce qui est mieux encore, de ne rien faire avant la troisième période. C’est à dire quand elle aura atteint un âge variant entre 18 mois et deux ans. On doit se rappeler que le phénomène se produit deux fois par an, généralement au printemps et à l’automne. Le meilleur moment est le printemps car les jeunes naissent au cours d’une saison plus favorable du point de vue de leur santé. Seuls, les éleveurs possédant des installations et un équipement appropriés peuvent pratiquer différemment.

Le mâle ne doit pas être très jeune. Lorsqu’il a atteint sa puberté, généralement entre le septième et le neuvième mois, il n’a pas encore les qualités requises d’un bon reproducteur. En effet, le nombre de ses spermatozoïdes pourrait être insuffisant pour assurer la bonne fécondation des ovules de la femelle.

Il doit obligatoirement être en parfaite santé. Avant de le faire intervenir, on doit réunir tous renseignements permettant de bien connaître sa généalogie et celle des membres de sa famille. Les mêmes informations doivent être recueillies au sujet de la femelle. Il peut s’avérer nécessaire de faire intervenir un expert car le néophyte qui agit à la légère risque de connaître d’amères désillusions. Si vous avez acheté votre chienne dans un élevage alors qu’elle était toute jeune et si vous l’avez élevée vous même, adressez vous au propriétaire du chenil où elle est née. Celui ci mettra ses compétences à votre disposition et vous donnera les renseignements et les conseils nécessaires.

Il agira ainsi parce que les chiots à naître seront inscrits (n’omettez pas cette formalité afin que leur valeur commerciale soit préservée) et que cette inscription révélera qu’ils sont issus d’une reproductrice provenant de son établissement dont l’affixe figure dans le nom de la mère. Il vous apportera son concours parce qu’il est animé par cet esprit de collaboration "sportive" qui est le propre des éleveurs sérieux et qu’il est de son intérêt que votre chienne donne le jour à des sujets de classe. Il pourra vous indiquer l’adresse du propriétaire d’un bon étalon ou, même, vous proposer l’un des siens. Enfin, il sera probablement en mesure de vendre dans de bonnes conditions les enfants de votre chienne.

Si, par la suite, vous faites le projet d’installer un petit élevage d’amateur fonctionnant sérieusement, il vous faudra, avant de concrétiser vos intentions, étudier attentivement tous les aspects du problème. Pour qui le pratique rationnellement en appliquant des méthodes convenables, l’élevage du Cocker peut devenir, avec le temps, une source de profits. Mais, très souvent, les surprises et les désillusions sont le lot des efforts accomplis par l’éleveur.

S’il veut poursuivre cette activité malgré les obstacles rencontrés, celui ci doit posséder une connaissance approfondie des principes les plus élémentaires de la reproduction des chiens. En évitant d’utiliser des sujets physiquement tarés qui produiront des animaux de peu de valeur (dans tous les sens du terme), il sera possible d’éliminer les anomalies les plus graves qui menacent un élevage. En contrepartie, il faudra procéder à des croisements entre sujets sains ne présentant pas de défauts notoires susceptibles d’hypothéquer lourdement la qualité des produits obtenus.

La première chose à faire, si vous créez un élevage, consiste à vous procurer une femelle et une seule, pour commencer. Même si cela doit représenter une grosse dépense, efforcez vous de l’acquérir auprès d’un élevage réputé pour son sérieux. Ce ne sera pas facile mais il existe quand même des éleveurs qui acceptent de céder une reproductrice lorsque la production de celle ci leur pose des problèmes de place, de personnel, etc. Bien entendu, il est vivement souhaitable que vous puissiez, avant de l’acheter, vous assurer de la qualité des sujets issus de cette femelle. Il est évident que si elle est âgée de deux ou trois ans, son prix sera élevé. Mais avec une chienne de qualité et un très bon étalon (celui ci est d’ailleurs plus facile à trouver), vous obtiendrez des jeunes sujets de valeur dont la vente vous permettra de récupérer, dans un délai assez court, les frais que vous aurez engagés au départ.

Quand vous serez parvenu à ce stade, vous ferez appel à un expert et à un vétérinaire (les deux fonctions pouvant d’ailleurs être cumulées par la même personne). L’éleveur avec lequel vous aurez pris contact ne trouvera certainement rien à redire à cela. Grâce à l’expert, vous obtiendrez des renseignements sur les qualités raciales de la chienne tandis que le vétérinaire contrôlera son état de santé. Mais au préalable, en procédant progressivement, vous vous efforcerez de pénétrer dans le "milieu" de l’élevage en fréquentant les expositions, en suivant les concours avec attention. Vous essaierez de vous intégrer à un groupe social particulier au sein duquel vous pourrez obtenir des conseils ainsi qu’une certaine forme d’assistance. Il est bon de connaître d’autres amateurs de la race, d’autres éleveurs ; tous les contacts permettant d’acquérir une formation spécifique ou de l’améliorer sont recommandés.

Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, il sera plus facile de trouver le mâle dont vous aurez besoin. L’éleveur chez lequel vous aurez acquis la femelle pourra vous conseiller utilement dans le choix de l’étalon puisqu’il connaîtra bien les caractéristiques de la chienne et, en particulier, son groupe sanguin.

Il est d’ailleurs tout à fait possible qu’il possède dans son chenil un mâle ayant un groupe sanguin compatible avec celui de votre femelle.

Vous pourrez même obtenir que celle ci soit couverte par un étalon célèbre ; il suffira pour cela que vous vous mettiez d’accord avec le propriétaire de ce dernier sur les conditions de l’opération.

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