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 Morphologie générale de berger de Brie

Le berger de Brie actuel n’est plus le chien hirsute et grossier d’autrefois, à la fourrure souvent négligée ou abandonnée sans soins par le berger. Il est devenu entre les mains des éleveurs de ce dernier demi siècle un chien élégant, fort, bien proportionné, à l’allure éveillée et caractérisé par son abondante fourrure aux poils de chèvre qui lui donne son aspect si particulier. Il est resté un chien solide et rustique.

Sa taille varie de 0,62 à 0,68 m pour les mâles et de 0,56 à 0,64 m pour les femelles. Son poids oscille autour de 30 kilogrammes. La tête puissante a le stop bien accusé et divise le crâne et le chanfrein en deux parties de longueur sensiblement égale. Elle porte une "garniture" de poils abondants formant moustaches et barbe et des sourcils longs et fournis retombant sur les yeux jusqu’à les masquer presque complètement. Le crâne est légèrement convexe, le profil du chanfrein rectiligne avec un museau puissant, ni étroit, ni pointu. Les yeux sont plutôt grands, placés horizontalement, non bridés, avec l’iris bien foncé quelle que soit la couleur de la robe.

Comme pour le berger de Beauce, l’oreille, lorsqu’elle est laissée naturelle, doit être attachée haut, mais en général on l’ampute dans le jeune âge selon une technique spéciale, l’oreille devant être coupée en rond « en coquille". Les franges, qui la garnissent, contribuent à donner à l’animal son aspect typique et particulier. Les oreilles doivent être dressées verticalement et bien parallèles. Le poil de la tête doit être plat, faisant la raie sur le front, les moustaches et la barbe retombant de chaque côté également plates. Par contre, les sourcils forment une espèce d’arceau sur les yeux, sans être trop longs ni trop pourvus, pour permettre au chien de voir. L’encolure est plutôt longue et bien musclée.

Le berger de Brie ne doit pas être bâti en "cob", il tend plutôt vers le type sublongiligne, dont le dos doit être droit, non ensellé, avec une poitrine bien descendue jusqu’aux coudes, et des côtes d’un bon ovale, le rein large et une croupe peu inclinée. Le ventre doit se relever modérément sans être levretté. Il doit selon l’expression des bergers "avoir du boyau".

Les membres, avec de bons aplombs antérieurs et postérieurs, ne doivent pas être exagérément longs. Ill faut que le Briard, tout en n’étant pas trop "près de terre", n’ait pas "trop d’air sous le ventre". Les chiens trop grands sont en général moins résistants à la fatigue. Ils doivent avoir une bonne ossature et être bien musclés. Le jarret ne doit pas être coudé trop près de terre, le canon métatarsien apparaissant presque à la verticale. Les membres postérieurs portent des ergots doubles. Les pieds sont intermédiaires entre le pied de chat et le pied de lièvre, avec des doigts serrés, des ongles noirs, avec des soles résistantes, mais légèrement élastiques à la pression du doigt.

La queue descend jusqu’à la pointe du jarret et se termine en crochet peu fermé. Elle ne doit comporter aucune déviation et ne jamais être portée au dessus de la ligne du dos. La robe est composée d’un poil long, ondulé, sec au toucher, tombant naturellement de chaque côté du corps avec une longueur moyenne de 7 centimètres et un diamètre de 65 millièmes de millimètre (d’après Cornevin). Toutes les teintes unicolores sont admises sauf le blanc. Les couleurs les plus foncées sont les plus appréciées, les couleurs claires s’accompagnant souvent d’yeux clairs. On rencontre surtout des noirs et des gris fauves ; quelques poils blancs au poitrail sont tolérés.

L’allure du Briard doit être souple, son trot n’est pas très allongé. Il utilise fréquemment l’amble pour se déplacer.

Malgré son aspect hirsute, le berger de Brie est un chien des plus intelligents et des plus affectueux. D’une grande docilité, et d’une grande fidélité, il cache un cour d’or sous son rude aspect. Il aime beaucoup son maître et le défend courageusement et avec vigueur. Il a conquis les faveurs d’un grand nombre d’amateurs, malgré tous les inconvénients que nécessite un bon entretien de sa fourrure. Aujourd’hui, il est surtout utilisé comme chien de garde et de compagnie, et bien peu de Briards fréquentant les Expositions Canines sont utilisés au service du troupeau.

Buffon le classait dans le groupe des chiens à oreilles droites, Cornevin en fait le prototype du berger français, mésomorphe, à oreilles dressées, à poil long. Se basant sur la classification de Cuvier, Pierre Mégnin l’inscrit dans le groupe des Lupoïdes, comme le berger de Beauce. Le professeur Paul Dechambre le situe dans les races « rectilignes" à poil long, en raison de son profil céphalique à cassure du nez bien marquée sans être profonde.

Dans le classement de la Société Centrale Canine, il figure dans le premier groupe, catégorie des chiens de berger français, avec deux variétés : d’une part les noirs ardoisés, d’autre part les fauves gris.

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