Les officiers des haras sont peu nombreux : quarante et un en tout, en 1975. Pourtant, il est difficile de ne pas faire une place dans ce chapitre à ceux que le Gouvernement charge d’appliquer sa politique en matière d’élevage du cheval.
Placé sous l’autorité du ministre de l’Agriculture, le Service des Haras intervient en effet dans la production et la sélection de toutes les races de chevaux. Il possède à Paris une administration centrale divisée en trois bureaux (élevage, équitation, courses et pari mutuel), et des services extérieurs, partagés en vingt trois circonscriptions. Chaque chef lieu de circonscription possède un dépôt d’étalons plus ou moins important, que l’État met à la disposition des éleveurs du secteur privé 1 En tout, environ mille sept cents reproducteurs, répartis de février à juillet dans les stations de monte pour le service des poulinières.
Les étalons sont sélectionnés selon trois critères : modèle, origine et performances sportives, s’il s’agit de Trotteurs français (achetés à 4, 5 ou 7 ans) et de Pur sang (acquis à 3 ou 4 ans). Car tous les étalons de course des Haras nationaux ont des performances, quoique le prix des saillies, encaissé par le Service des Domaines, soit très nettement inférieur à celui pratiqué dans les haras privés. Quant à la saillie du Selle français, très bon marché (100 à 200 F),elle constitue surtout un encouragement à l’élevage. « Autrefois, dit M. Charpentier, directeur des Haras de Tarbes, la plupart des chevaux qu’on faisait naître étaient destinés à la cavalerie. Ils sont, aujourd’hui, destinés à l’équitation. » D’ailleurs, par décret du 16 avril 1970, l’État confie également aux officiers des haras la surveillance des courses, l’orientation et le contrôle des sociétés hippiques et le développement de l’équitation.
Ainsi, à l’échelon de la circonscription, l’officier des haras, qui réside dans le domaine du dépôt d’étalons, organise les concours hippiques et les supervise. C’est à lui également qu’incombe le contrôle des origines : le stud book (c’est à dire le registre d’état civil des chevaux de sang) étant tenu par le Service des Haras nationaux. Chaque poulain qui naît est visité sous la mère avant le sevrage.
Autre rôle enfin : la distribution des subventions et encouragements divers au développement de l’équitation. En effet, une petite partie des gains du pari mutuel (grâce au P.m.u. l’Administration des Haras dispose de sommes assez considérables !) est redistribuée sous forme de primes aux établissements hippiques, quel que soit leur statut juridique. Ces primes ont pour but de favoriser la promotion des clubs, faciliter l’achat de chevaux français, payer les frais d’organisation d’épreuves d’entraînement, etc. Par ailleurs, les sociétés régies par la loi de 1901, peuvent bénéficier de subventions pour l’installation des boxes, stalles et manèges.
Bref, les fonctions de l’officier des haras, plutôt agréables, consistent à vivre à cheval une partie de la journée, à observer et à administrer. Pour les tâches de contrôle et d’encadrement technique, il est assisté par des ingénieurs des travaux agricoles et par des techniciens d’agriculture.
Jadis, tous les officiers des haras étaient des fonctionnaires, formés traditionnellement à l’École des Haras du Pin. Ce corps est hélas actuellement en voie d’extinction. Une réforme des services extérieurs du ministère de l’Agriculture a prévu de proposer désormais les quelques postes vacants à des ingénieurs du génie rural des Eaux et Forêts. Depuis 1969, ces ingénieurs suivent au Pin pendant cinq mois seulement, un stage de spécialisation en élevage et sports équestres. Ils sont formés à l’E.n.g.r.e.f. (École nationale du génie rural des Eaux et Forêts), qui recrute sévèrement ses élèves à l’Institut national agronomique, à l’École polytechnique, ou encore dans les corps des ingénieurs des travaux du ministère de l’Agriculture.
Les nouvelles recrues, moins compétentes en matière de cheval, sont cependant avantagées par rapport à l’ex corps de fonctionnaires des officiers des haras, car elles bénéficient du régime des Eaux et Forêts. Ce qui représente une très nette différence au niveau du traitement : « l’I.g.r.e.f. » a une ristourne sur tous les travaux qu’il entreprend. Mais cette vie séduisante n’est pas à la portée du plus grand nombre. L’école du Pin ne compte en 1975 que deux stagiaires, ce qui correspond aux deux ou trois postes proposés chaque année.