Certains négociants sont spécialisés dans le commerce des petits animaux, dont les chiens. En général, ils vendent des chiots au sujet desquels vous ne pourrez pas obtenir beaucoup d’informations. Vous ne serez donc pas en mesure de vous faire une opinion valable sur les futures possibilités de l’animal qui vous est proposé. Si votre attention a tout particulièrement été attirée par un jeune chien de quelques mois à l’air éveillé et paraissant en parfaite condition physique, n’oubliez pas, malgré ce qui vous séduit en lui, de prendre le maximum de précautions avant d’en faire l’acquisition.
Mais il existe aussi des vendeurs sérieux, surtout ceux qui disposent d’un service vétérinaire dans leur établissement. Ils font tous leurs efforts pour obtenir et conserver l’estime de leur clientèle et, dans ce but, ils attestent la provenance de chaque jeune chien qu’ils vendent. Ils peuvent ainsi, au moment même de la transaction ou postérieurement, délivrer à chaque acheteur le certificat établissant l’authenticité de l’appartenance raciale de l’animal.
Si le cas se présente, un vendeur appliquant de tels principes d’honnêteté n’hésite pas à reconnaître explicitement qu’il ne peut fournir de pedigree. Ce qui ne lui interdit pas d’ailleurs, s’il connaît les géniteurs, d’affirmer qu’un chiot deviendra un beau chien possédant les caractéristiques de la race. Malheureusement, tous les négociants n’agissent pas de cette manière. Pour nombre d’entre eux le but essentiel de leur activité est de faire
des affaires et ceux qui obéissent à des préoccupations de cet ordre n’y regardent pas de si près. C’est alors que l’acquéreur court le risque d’avoir un chien ne satisfaisant pas les exigences du standard Ce la race à laquelle on prétend qu’il appartient.
Il faut donc tenir compte de tous ces éléments et agir avec prudence. La grande popularité du Cocker due à ses qualités esthétiques, à son caractère, à sa faculté d’adaptation dans les milieux les plus variés, a provoqué dans le monde entier un afflux de demandes de jeunes chiens de cette race. Pour répondre aux besoins du marché, l’élevage du Cocker est devenu intensif et l’on a cessé de procéder aux sélections devenues cependant de plus en plus indispensables en raison des anomalies d’ordre morphologique et psychique qui ont fait leur apparition. L’une des conséquences de cet "affairisme" est la production de sujets ayant un comportement névrotique et agressif tout à fait étranger à la véritable nature du Cocker dont la douceur et la capacité d’affection sont bien connues.
Par ailleurs, il ne manque pas de commerçants dépourvus de scrupules qui, achetant à bas prix dans certains pays étrangers tels que la Belgique et la Hollande des chiens "fabriqués à la chaîne", les revendent ici en réalisant de confortables bénéfices. Leur unique préoccupation est le nombre d’animaux vendus, c’est à dire le chiffre d’affaires réalisé. Quant aux principes et aux informations que les véritables éleveurs considèrent comme essentiels, ils ne s’en soucient pas le moins du monde. Ce qui frappe le plus dans tout cela, c’est l’argument principal de ces vendeurs qui n’hésitent pas à affirmer que ces chiens sont de qualité supérieure en raison de leur provenance étrangère. Et dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, l’attrait du produit venant de l’extérieur joue un rôle considérable. Quoi qu’il en soit, ces procédés révèlent le manque d’honnêteté de ceux qui exportent les chiens comme de ceux qui se chargent de les importer. Malgré les efforts et les sacrifices de nombreux éleveurs nationaux qui veulent conserver et améliorer cette race, la présence sur le marché d’animaux déficients ne peut que porter gravement préjudice à celle ci.
Un chiot de qualité peut également être acheté à un particulier qui, possédant une femelle de race, l’a fait couvrir par un étalon ayant les caractéristiques requises. Mais, dans ce cas aussi, il ne faut pas acheter les yeux fermés, même si le prix demandé est alléchant ; il faut s’assurer d’abord que la portée est issue de géniteurs appartenant à la race et qu’elle est bien inscrite sur le livre généalogique tenu par la société canine nationale. Il ne s’agit pas seulement de savoir, pour la forme, si l’on aura la certitude de posséder un sujet de pure race. Le certificat d’inscription remis lors de l’achat permettra au propriétaire du chien de prouver que celui ci a bien été enregistré, ce qui lui donnera de la valeur, lui permettra de participer aux expositions canines et d’être éventuellement utilisé comme étalon (ou comme reproducteur). Les petits obtenus grâce à l’intervention de cet animal seront officiellement enregistrés à leur tour et ils auront ainsi une bonne valeur commerciale.