Vous pouvez vous demander quelle fut, à l’origine, la raison qui poussa les animaux vertébrés à abandonner l’eau, pour affronter la terre et tous ses problèmes. Il faudrait se souvenir qu’à cette époque les conditions climatiques sur terre étaient très variables. De larges étendues d’eau se tarissaient périodiquement, ce qui rendait la vie très difficile sinon impossible, aux poissons. Beaucoup périrent, bien sûr, mais d’autres, mieux équipés de poumons primitifs et de nageoires plus fortes, virent qu’ils pouvaient s’échouer et quand même survivre. A partir de ces formes primitives, des animaux se développèrent et purent passer une bonne partie de leur vie hors de l’eau. Les amphibiens, néanmoins, ne purent jamais vivre entièrement sans eau. La plupart de ceux que nous connaissons aujourd’hui pondent leurs oeufs dans l’eau et le stade larvaire se déroule entièrement sous l’eau : ce sont les tritons, les salamandres, les crapauds, les grenouilles et les cécilies.
Le succès obtenu par les amphibiens dans la colonisation de la terre ne fut que partiel. Ceci s’explique probablement par la différence considérable entre les conditions d’une vie aquatique et d’une vie terrestre. Nous pouvons comprendre cela en étudiant les moeurs des amphibiens que nous connaissons aujourd’hui. Il n’y a pas de doute qu’ils vivent un certain temps sur terre mais ils sont obligés de rechercher des lieux sombres, humides, sous des pierres ou dans des endroits froids. Bien qu’ils aient des poumons, ils respirent beaucoup plus à travers leur peau. Celle ci doit être maintenue humide pour permettre un échange plus efficace de gaz. Ils retournent dans l’eau pour accoupler et pour pondre leurs oeufs. Ils ne pourraient donc pas vivre uniquement sur terre.