Les rapaces tuent avec leurs pieds. Certains utilisent aussi leur bec, mais les griffes crochues sont leurs armes principales de mise à mort. La griffe arrière et celle du milieu sont plus grandes que les autres et c’est avec ces deux griffes que l’oiseau exerce une étreinte d’étau sur sa proie. Le cou de la bête est soit disloqué, soit mortellement transpercé ou écrasé, mais quelle que soit la manière dont elle meurt, elle est rapidement mise en lambeaux avec le bec. C’est une façon de manger fort malpropre et si les pieds du rapace étaient emplumés, les plumes seraient tout le temps feutrées et tachées de sang.
Tout animal venant juste de mourir dans une zone fréquentée par les vautours est rapidement déchiqueté par une horde de ces vilains oiseaux. Comment font ils pour arriver aussi rapidement de si loin ? Les vautours, bien sûr, sont ces oiseaux de proie planeurs dont nous avons déjà parlé précédemment. Ils ont une vue remarquable et non seulement ils examinent le sol pendant qu’ils planent haut dans le ciel, mais ils s’examinent les uns les autres également, et si l’un d’eux amorce une descente, il sera vu au moins par un autre oiseau. Tous les vautours d’une vaste zone s’abattront pour voir ce qui a intéressé le premier oiseau.
Le grotesque condor des Andes est un des deux plus grands oiseaux voiliers qu’on trouve aujourd’hui. Il a presque 1,20 mètre de long, une envergure de près de 3 mètres, et peut peser jusqu’à 56 kilos. Le condor de Californie a une taille similaire. Un oiseau aussi grand a besoin de beaucoup de nourriture et le condor des Andes doit manger au moins une livre de viande par jour. Le condor passe heure après heure à planer sans effort au dessus de vastes zones, à la recherche de charognes et, s’il n’en trouve pas, il attaquera et tuera agneaux et veaux. Il descendra également pour se nourrir de bêtes naufragées sur la côte, même de baleines, s’il a la chance d’en trouver.