La génétique consiste en l’étude des phénomènes héréditaires. Ses bases résultent de l’observation et de l’expérimentation sur les animaux et les végétaux, qui ne remontent guère qu’à la fin du 19° siècle.
La génétique cherche à établir les lois de la transmission des caractères héréditaires et décrit les mécanismes et les structures cytologiques chromosomes gènes responsables de cette transmission.
Formelle et cytologique dans ses bases, elle devient physiologique dans l’étude des supports des caractères héréditaires, la génétique évolutive analyse les mutations et la sélection dans leurs rapports avec les variations quantitatives et qualitatives des populations. Elle en tire des conclusions sur les mécanismes de l’évolution des êtres au cours des temps ; la génétique appliquée enfin essaie d’utiliser les résultats théoriques pour l’amélioration des lignées animales.
Deux données fondamentales sont à considérer en matière de génétique : le génotype et le phénotype.
Le premier est l’ensemble des facteurs héréditaires constitutionnels d’un individu.
Le second est l’ensemble des caractères qui se manifestent visiblement chez un individu.
Le phénotype d’un chien est donc ce qui est apparent dans son aspect : formes, couleurs, et ce qu’il laisse connaître par son comportement : allures, caractères, aptitudes naturelles. Le génotype du même animal est l’ensemble des caractères dont il est porteur, dont certains ne se sont pas révélés, mais qu’il peut transmettre à sa descendance. En un sens, le phénotype intéresse le propriétaire, l’exposant ; le génotype, pour l’éleveur, est la notion fondamentale.
La fécondation est le résultat de l’union de deux cellules reproductrices : un spermatozoïde mâle et un ovule femelle, dont la réunion constitue l’oeuf au sens propre du terme. Cette cellule initiale se divise en deux, puis chacune encore en deux, etc... pour aboutir à un organisme composé de milliards de cellules qui se sont peu à peu différenciées en vue d’une spécialisation propre à former les différents organes.
Chacune de ces cellules comporte dans son noyau un double stock de chromosomes mâles et femelles, existant en nombre constant chez une espèce déterminée : 78 chez le chien
les chromosomes sont toujours par paire dans chacune des cellules d’un individu, à l’exception des cellules sexuelles qui ne comportent qu’un seul jeu de chromosomes. C’est la réunion de ces deux jeux lors de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde qui reconstituera la première cellule complète de l’organisme : l’oeuf. Le cycle est fermé.
Spermatozoïde et ovule possèdent chacun 39 chromosomes, mais l’un d’entre eux dans chaque cellule sexuelle est dit hétérosome par opposition aux 38 autres qui sont dits autosomes ). C’est ainsi que le spermatozoïde possède 38 autosomes + 1 hétérosome X, l’ovule 38 autosomes et un hétérosome Y. Lors de la formation de ces cellules se produit une méiose qui aboutit à séparer en deux chacune des 39 paires de chromosomes ; quand le spermatozoïde féconde l’ovule, la fusion de ces deux gamètes à 39 chromosomes aboutit à une cellule qui possède à nouveau 78 chromosomes, le sexe résultant du jeu des hétérosomes : XX = femelle XY = mâle.
Les chromosomes portent les gènes générateurs des caractères qu’ils expriment, dits allèles. Chaque caractère héréditaire est déterminé par une série allélique qui se trouve située sur chacun des chromosomes de la même paire en un lieu bien défini appelé "locus" : à un locus donné siègent un certain nombre d’allèles, dit série aliélique dont on commence à connaître de plus en plus de variétés ; l’exemple le plus typique se rencontre dans les locus conditionnant la couleur au locus A existe une série allélique A dont on connaît les variétés suivantes, chaque allèle dominant et suivant
Quand deux allèles identiques occupent un lieu homologue sur deux chromosomes de la même paire, le caractère est dit homozygote.
Quand deux allèles différents occupent un lieu homologue sur deux chromosomes de la même paire, le chien est dit hétérozygote.
Autrement dit, chez l’homozygote, le sujet a reçu pour le caractère considéré le même allèle que celui de son père et de sa mère ; chez l’hétérozygote, l’allèle reçu du père est différent de celui qui provient de la mère.
Intervient ici la notion de dominance des deux allèles différents, l’un peut être dominant par rapport à l’autre qui est dit récessif.
Mais le sujet, qui exprime dans son apparence phénotype le caractère dominant, est néanmoins porteur dans son patrimoine héréditaire du facteur récessif qui, lors d’un croisement ultérieur, pourra au gré du jeu de la méiose, se transmettre aux descendants et réapparaître dans le phénotype. Celui ci n’est donc qu’une apparence trompeuse des possibilités héréditaires du sujet. Tel caractère resté caché pendant plusieurs générations pourra à l’occasion d’un croisement réapparaître on parlera alors de retour atavique.
L’homozygotie renforce les caractères en accusant aussi bien les défauts que les qualités en offrant l’avantage de les détecter rapidement ; elle apporte une certaine homogénéité à la descendance permettant de mieux prévoir les résultats des accouplements projetés.
L’hétérozygotie comporte quant à elle une grande part d’imprévu, mais est nécessaire pour éliminer des défauts ou introduire des qualités.
L’utilisation de la consanguinité rapprochée père x fille mère x fils, ou mieux encore frère x soeur a l’avantage de faire apparaître des caractères récessifs qui, selon toute probabilité, seraient restés cachés dans un autre type de croisement ; ces caractères récessifs peuvent donner lieu à des caractéristiques phénotypiques recherchées ou qu’au contraire on cherche à éliminer , c’est pourquoi en croisement consanguin l’éleveur se doit d’être intraitable sur le sort à réserver aux sujets d’une portée qui ne présentent pas les caractères qu’il recherche. C’est en somme la méthode idéale pour faire apparaître, afin de l’éliminer, un caractère récessif indésirable qui sinon continuerait à se transmettre.
N.B :
Congénital et héréditaire : il convient de ne pas confondre caractère congénital et caractère héréditaire. Le caractère congénital, c’est à dire qui s’observe dès la naissance, peut résulter d’un accident et n’être pas héréditaire