L’intérêt de cette chasse réside dans son extrême difficulté. Elle permet en outre de maintenir à un taux raisonnable des animaux susceptibles de causer d’importants dommages. Elle se pratique le plus souvent, lors de compétitions, en terriers artificiels. Les épreuves sur terriers naturels sont plus rares, car plus compliquées à organiser. La chasse sur animal sauvage se trouve de plus en plus compromise, surtout depuis l’épidémie de rage qui sévit en France.
Le dressage des chiens pour la chasse sous terre ou déterrage : les préliminaires du dressage sont les mêmes que pour les autres races de chiens de chasse. Le débourrage également ; le rappel, la marche en laisse, la marche « au pied », etc. s’obtiennent de façon identique pour un pointer ou pour un teckel. Seul change peut être le caractère de l’animal, celui des terriers étant en principe très affirmé. Mais nous avons déjà dit que pour être un bon dresseur, il faut aussi se montrer fin psychologue.
Venons en donc directement aux exercices particuliers, réservés aux chiens de déterrage.
La vole : la qualité naturelle la plus utile pour ces chiens est la possibilité de crier sur la voie. Elle ne s’apprend malheureusement pas, mais peut se déclarer assez tard. Pour ceux qui l’ignoreraient, la « voie » est l’odeur plus ou moins fraîche et plus ou moins persistante, laissée par un gibier sur l’endroit de son parcours.
La perception de la voie diffère selon les animaux : le sanglier a une voie forte, facilement perçue par le chien, alors que le lièvre a une voie très légère, qui demande une grande finesse de nez.
Elle varie selon la nature du terrain, la saison, les conditions atmosphériques et les différences de température.
Pour qu’un chien se « déclare à la voie », il faut lui en donner l’occasion. Pour cela, vous l’emmenez dans une vaste plaine très giboyeuse (ce qui devient très rare à notre époque !). Vous le laissez gambader à sa guise, mais en aucun cas vous ne devez chasser. Votre attention n’en sera que meilleure et votre dressage plus probant. Vous pourrez le remettre sur la voie évitez qu’il fasse des détours inutiles et l’empêcher de suivre le lapin (s’il s’agit d’un lapin) jusqu’au terrier. Vous pouvez également aider votre chien en lui adjoignant un compagnon sachant crier à la voie. Mais ne prolongez pas trop l’expérience, car il risque de prendre des habitudes de paresseux. Si vous avez la chance de travailler dans un terrain où le lapins abondent, menez votre chien près d’un terrier habité, maintenez le quelques minutes pour bien l’exciter, puis lâchez le. Il est bien rare qu’il ne se mette pas à crier à ce moment. N’hésitez pas à l’encourager et à le laisser faire. Tout comme l’exercice précédent, n’en abusez pas, il doit apprendre à crier sans voir le gibier.
Un jeune chien se déclare rarement avant l’âge de douze à quatorze mois, voire plus tard. Par conséquent, ne vous découragez pas. Généralement cela se produit au moment où vous vous y attendez le moins ! Pour pouvoir dire que votre chien « crie bien à la voie », il faut l’essayer sur une voie légère, comme celle du lièvre par exemple.
Vous devez maintenant apprendre à votre chien à « broussaille ». Cela ne présentera pas de problème s’il possède un caractère bien équilibré et du tempérament. Ce deuxième exercice est mené de front avec le premier, car un chien qui se déclare sur la voie d’un gibier doit pouvoir franchir courageusement tous les obstacles. Augmentez progressivement les difficultés : un petit fourré, puis une haie et ensuite les ronciers. Vous êtes là pour l’aider, vous devez donc montrer l’exemple. Habillez vous en conséquence et n’hésitez pas à pénétrer le premier au milieu de l’enchevêtrement. Le chien restera sur vos talons, un peu inquiet. Avancez vite, afin de le forcer à vous suivre malgré les épines. N’oubliez pas de l’encourager et de le récompenser. Petit à petit, dans le feu de l’action, vous le verrez passer devant vous. C’est gagné, vous allez pouvoir passer à un taillis plus enchevêtré. Si vous éprouvez quelque mal à le faire avancer, surtout dans les ronciers importants, appelez le et encouragez le, mais en aucun cas ne revenez le chercher. Il en prendrait vite l’habitude !
En rentrant de l’entraînement, votre chien sera brossé correctement, les coupures éventuelles désinfectées et les épines enlevées. Regardez tout particulièrement le dessous des pattes, une épine oubliée provoquant des boiteries souvent douloureuses.
Il vous faudra quelques semaines pour obtenir que votre chien crie bien sur la voie, et broussaille sans complexe. Ne passez pas à un autre stade du dressage, avant qu’il exécute parfaitement ces deux exercices.