Il descend des vieux molosses de l’Antiquité, donc du dogue du Tibet, leur père lointain à tous. Jadis dressé pour combattre les loups et les ours, il est extrêmement redoutable, en particulier pour les autres chiens. Absolument rien ne peut l’arrêter quand il est décidé à se battre il ne connaît qu’un maître et le défendra, lui et ses biens, avec une efficacité redoutable.
Si vous en promenez un dans votre voiture, vous ne passerez pas inaperçu. Mais, contrairement à son aspect effrayant, c’est un chien doux et attaché à son maître. Seulement, s’il est dressé à la garde ou poussé au combat, on ne peut répondre de rien. Sa force est terrible. Il peut renverser un homme, très facilement. Et l maintenir au sol, sous ses pattes. Il est capable d’étrangler n’importe quel autre chien. S’il mord, il lâche très difficilement ce qu’il tient dans ses terribles mâchoires. Intelligent et sociable, cependant, il fait tranquillement sa ronde dans le jardin où rien n’échappe à son attention. En principe, il s’entend bien avec les enfants de la maison. Mais, comme tous les chiens au courage indomptable, il n’obéit qu’à un seul maître. S’adresser à la Société des Amateurs de dogues de Bordeaux, 8 bis, rue des Festeux, 62700 Bruay en Artois.
Taille et poids : 60 à 68 cm au garrot, pour le mâle, 58 à 66 pour la femelle, avec un poids de SO kilos pour le mâle, de 45 pour la femelle.
La robe : Son poil court et fin, soyeux, même, offre tous les tons fauves, y compris l’abricot, très recherché. On aime qu’il ait le masque plus accentué, sombre ou rouge.
La tête : Elle impressionne, tant elle est forte, énorme, profondément ridée, du front jusqu’au cou. Le nez est sombre, large, le museau aussi épais qu’il est court. Les mâchoires sont carrées, larges et très puissantes, avec des crocs recourbés et des dents très fortes. Sous des arcades sourcilières épaisses, les yeux sont assez grands. Quant aux oreilles, elles sont proportionnellement petites, aux pointes arrondies qui retombent librement, car on ne les taille plus, de notre temps.
Le corps : Infiniment puissant et trapu, assez près du sol, le dogue de Bordeaux a le cou très court et musclé, sans fanon. Sa poitrine, particulièrement volumineuse et musclée, descend, en dessous, jusqu’au coude. Le dos est large, le rein court, le ventre très légèrement relevé. Le fouet est porté entier, horizontal, plus relevé en état d’excitation.
Les membres : Ils sont tout en os et tout en muscles, avec l’épaule oblique, les cuisses bien descendues, le jarret court.
Voilà encore une descendance des dogues du Tibet, avec, entre temps, les molosses romains, puis les alans de notre Moyen Age. Jusqu’à ce qu’ils soient fort justement interdits, des combats de bêtes opposaient, dans le sud ouest, les dogues de Bordeaux, souvent surnommés « chiens turcs » (parce que très forts, peut être ?...) à des taureaux ou à des ours, voire à des lions... Les bouchers étaient très amateurs, eux aussi, de ces chiens terribles avec lesquels ils faisaient tenir tranquilles leurs troupeaux de bêtes à cornes. De nos jours, le dogue de Bordeaux reste rare.