Père putatif de tous les dogues du monde, c’est lui le type le plus parfait de ces grands molosses qui chassaient le lion avec les rois d’Assyrie. Les mêmes ont conquis l’Europe, à la suite de rois plus féroces encore... Sur nombre de bas reliefs très anciens, on retrouve le profil de ces grands chiens de chasse et de guerre, se mesurant aux fauves ou chargeant l’ennemi à côté des chars royaux. Maintenant, il faut aller au Tibet pour voir quelques uns de ces dogues, encore utilisés pour garder villages, monastères ou troupeaux de yacks. Leur accueil est généralement redoutable.,.
Outre que vous aurez bien de la peine à en trouver un, à moins d’aller le chercher du côté de Lhassa, je ne vous le conseille pas. Il est difficile à dresser, dur, ombrageux, brutal et agressif. Ses qualités, car il en a malgré tout, sont un courage indomptable, la force, la majesté. C’est bien l’animal qui montre sa force pour ne pas avoir à s’en servir. Mais qui aurait besoin d’un aussi redoutable gardien ? Cette race est très peu répandue en France. Nous ne pouvions pas ne pas le citer car c’est un chien de référence par excellence. Nous publions le dessin qui le représente et la photographie du mâtin espagnol, le chien sans doute le plus proche de lui. Club des Chiens du Tibet, présidente Melle Dupont, 137 145 avenue du Roule, 92200 Neuilly sur Seine.
Taille et poids : 75 à 80 cm, 75 à 85 kilos...
La robe : Elle est noire, avec quelques marques feu. Ou bien rouge brun, avec un manteau noir dessus. Le dogue du Tibet peut avoir aussi du blanc au poitrail et aux pieds. Son poil est long, dur, au cou et aux épaules, plus touffu ailleurs. Il est un peu frisé aux cuisses. Son sous poil, très épais, très fourni, très doux, le met parfaitement à l’abri du froid, sur ses hauts plateaux.
La tête : Particulièrement large entre les oreilles elle est très massive, avec un occiput et un stop très marqués. Le front montre des rides profondes qui descendent sur la face et de chaque côté d’un museau assez long et très carré. La truffe est noire, les yeux petits, très enfoncés et bruns. Les dents sont énormes, dans des mâchoires d’une taille impressionnante. Les oreilles, petites et arrondies à l’extrémité, pendent sur les tempes.
Le corps : Sa charpente est particulièrement puissante et il n’est pas tellement haut sur pattes. Le cou est trapu et porte un fanon. La poitrine est large, très profonde le dos et le rein sont musclés, le ventre légèrement remonté. Le dogue du Tibet porte la queue entière, un peu relevée, assez longue et garnie de poils plus longs vers son extrémité. Une extraordinaire sensation de puissance et de brutalité s’en dégage.
Les pattes : droites, fortement charpentées, elles ont les os et les muscles énormes. Le jarret est assez bas. La race a le pied rond, petit, proportionnellement, pour la taille de la bête.
Il apparaît que le dogue du Tibet est resté le chien le plus ancien de toute l’Asie et de toute l’Europe, car les documents les plus vénérables prouvent qu’il n’a pas changé d’aspect depuis des millénaires. Sa taille énorme est sans doute l’explication de cette allusion du voyageur Marco Polo à des chiens asiatiques « aussi gros que des lions »...